L'ex-numéro 2 de
L'Obs Aude Lancelin va saisir le conseil de prud'hommes à la suite d'un licenciement qu'elle considère comme "strictement politique", ont annoncé ses avocats lundi.
La journaliste "a donné pour instructions de saisir dans les meilleurs délais le conseil de prud'hommes de Paris à la suite du licenciement totalement inique dont elle a fait l'objet en date du 25 mai 2016", ont indiqué Mes Frank Berton et William Bourdon dans un communiqué.
Aude Lancelin "a fait l'objet d'un licenciement de nature strictement politique, en forme de +lettre de cachet+, marqué par une exceptionnelle brutalité et un arbitraire +habillé+ par des griefs totalement inconséquents et imaginaires", selon ses avocats.
Depuis plusieurs semaines, une crise oppose la rédaction à la direction de l'hebdomadaire. Mi-mai, une motion de défiance a recueilli 80% des voix chez les salariés du magazine contre le directeur de la rédaction, Matthieu Croissandeau, qui avait décidé de remplacer ses adjoints, Aude Lancelin et Pascal Riché.
L'intersyndicale de l'hebdomadaire L'Obs, ainsi qu'une quarantaine d'intellectuels et de personnalités du cinéma ont ensuite demandé l'arrêt de la procédure de licenciement, une décision prise selon eux pour des raisons politiques.
"Il n'y a aucun motif politique dans cette procédure, juste des raisons managériales", avait répondu Matthieu Croissandeau.
"L'Obs a toujours été libre de travailler avec qui bon lui semble et libre de publier les articles qu'il voulait. Il ne prend ses ordres nulle part", avait-il ensuite affirmé, soutenu par ses actionnaires, le trio Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, qui possède aussi Le Monde.
L'éditorialiste et cofondateur de L'Obs Jean Daniel a défendu, vendredi dans une tribune sur le site de Libération, la direction de l'hebdomadaire, en affirmant qu'elle "n'avait aucune motivation politique et qu'elle n'était en rien dictée par la triste défense d'un gouvernement aux abois".
"Le procès que l'on nous fait est aberrant et les universitaires qui viennent de lui apporter un appui ont cédé aux thèses complotistes dont on fait les romans", a lancé le journaliste, dans cette tribune également publiée lundi dans les colonnes du journal Libération.
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