
À Los Angeles, une juge fédérale a demandé à Donald Trump de prendre des mesures, face au contrôle au faciès des migrants exercé par les autorités. Par cette requête, la juge a donné raison à plusieurs migrants, mais aussi à deux citoyens américains, et aux associations qui les ont aidés à porter plainte, début juillet. Ces derniers estimaient avoir été victimes de contrôles au faciès et dénonçaient des obstructions pour avoir accès à un avocat en détention.
«Ce que le gouvernement fédéral voudrait faire croire à cette cour, malgré la montagne de preuves présentées dans cette affaire, c'est que rien de tout cela ne se produit réellement», a dénoncé la magistrate, Maame Ewusi-Mensah Frimpong, selon l'AFP.
Sa décision, qui concerne Los Angeles et six autres comtés de Californie, implique l'interdiction, pour la police de l'immigration, de procéder à des arrestations sans motif valable sur la base de quatre facteurs, seuls ou combinés : l'origine ethnique, le fait de parler espagnol ou anglais avec un accent étranger, le métier d'un individu ou le fait qu'il se trouve dans un lieu particulier, comme un arrêt de bus, un lavage automatique, une ferme ou un magasin de bricolage. L'intensification des descentes de la police de l'immigration dans ce genre de lieux, dans des zones connues pour être fréquentées par des latino-américains, fait polémique depuis début juin à Los Angeles.
Le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, a salué une décision qui «met un terme temporaire aux violations des droits des personnes et au profilage racial par les fonctionnaires fédéraux de l'immigration».
«Le programme de Stephen Miller (l'architecte de la politique antimigrants de Donald Trump) en matière d'immigration est un programme de chaos, de cruauté et de peur. Cela doit cesser maintenant», a ajouté Gavin Newsom dans un communiqué, consulté par l'AFP.
L'administration Trump ne s'est pas encore exprimée, mais un appel de cette décision semble hautement probable.
Quelques heures avant cette annonce, le responsable de la politique d'expulsions massives ordonnée par Donald Trump, Tom Homan, a défendu l'usage de l'apparence physique comme critère pouvant motiver une arrestation.
Les agents fédéraux «n'ont pas besoin d'un motif valable pour aborder quelqu'un, le placer brièvement en détention et l'interroger. Ils ont juste besoin d'un faisceau de circonstances», a-t-il fait valoir sur Fox News.
Ces éléments peuvent être «basés sur l'endroit» de l'interpellation, «le métier» de la personne, «son apparence physique, ses actions», a-t-il ajouté, en donnant l'exemple d'une personne qui se mettrait à courir à la vue d'agents en uniforme à la sortie d'un magasin de bricolage.
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