21/10/2022 11:02

L'ex-chauffeur du président démissionnaire de l'UDI Jean-Christophe Lagarde implique son patron dans les manoeuvres qui ont abouti à l'article mensonger du Point sur Raquel Garrido et Alexis Corbière

L'ex-chauffeur du président démissionnaire de l'UDI Jean-Christophe Lagarde a reconnu son rôle clé dans les manoeuvres qui ont abouti à l'article mensonger du Point sur les députés LFI Raquel Garrido et Alexis Corbière et, comme l'indique un rapport des enquêteurs, il a aussi impliqué son patron.

L'affaire démarre en juin, juste après le second tour des élections législatives. Dans un article mis en ligne sur le site de l'hebdomadaire, le journaliste Aziz Zemouri accuse le couple d'avoir exploité une femme de ménage sans papiers. "Tout est faux", démentent aussitôt les deux parlementaires. Fait très rare, le journal retire l'article dès le lendemain et admet publiquement son caractère "faux" et "mensonger".

Reconnaissant la défaillance de ses "processus de contrôle interne", il diligente une enquête interne et engage une procédure de licenciement contre M. Zemouri. Suite aux plaintes déposées par le couple Garrido-Corbière et le journaliste, le parquet de Paris confie fin juin une enquête préliminaire à la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP). Le mois dernier, trois protagonistes sont placés en garde à vue.

Dans un rapport dévoilé par Le Parisien, dont l'AFP a eu connaissance jeudi, la BRDP a détaillé le 8 septembre les positions tenues devant ses enquêteurs par Jean-Christophe Lagarde, son ex-collaborateur Rudy Succar et par un policier, Anouar Bouhadjela, aussi appelé Noam Anouar. Sorte "d'homme de main" de M. Lagarde, selon une source proche du dossier, M. Succar va d'abord nier "une quelconque implication", indique le document.

Il est ensuite confronté à des éléments de téléphonie "le désignant comme la seule personne ayant pu être l'utilisateur de la ligne présentée comme étant celle de l'employée maltraitée". L'ex-chauffeur de M. Lagarde "finit" alors "par reconnaître" qu'il s'était fait passer pour cette femme auprès du journaliste. Motif ? A l'approche du premier tour des législatives de juin, M. Succar déclare s'être "vu suggérer par l'ex-maire de Drancy de trouver une information susceptible de nuire" à Mme Garrido, qu'il affrontait dans cette circonscription de Seine-Saint-Denis.

Elle remportera finalement le scrutin. L'ex-chauffeur aurait "agi de sa propre initiative pour satisfaire son employeur" en "inventant cette histoire", la BRDP évoquant "une forme d'emprise psychologique" qu'exercerait le second. M. Succar en aurait ensuite fait état à son patron, sans l'informer de son caractère mensonger.

Contactés, ses avocats Ghislain de Foucher et Chloé Méléard n'ont pas commenté. En garde à vue, l'ex-chef de l'UDI a dans un premier temps rejeté tout rôle dans l'affaire.

Selon le rapport, il a ensuite "changé de version" et reconnu avoir été informé de cette histoire par M. Succar, puis avoir transmis cette "bonne nouvelle" au policier Noam Anouar, détaché à la mairie de Drancy, l'ex-fief de M. Lagarde dirigé par son épouse.

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