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Le procès de 19 personnes jugées pour avoir accueilli sans agrément des mineurs, dont certains auraient subi des violences physiques et psychologiques, s’est ouvert à Châteauroux - VIDEO

Le procès de 19 personnes jugées pour avoir accueilli sans agrément des mineurs, dont certains auraient subi des violences physiques, psychologiques, des humiliations et du travail forcé, s’est ouvert à Châteauroux.

« On est tous contents d’être ici », a dit Mathias, une des victimes, sur les marches du palais de justice avant le début de l’audience. « Pour nous, tous les jeunes, ça fait vraiment du bien, même si on est tous un peu stressés quand même. On attend de ces cinq journées d’être reconnus et d’être écoutés ».

De 2010 à 2017, des dizaines d’enfants ont été confiés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du Nord à une structure d’accueil située dans l’Indre, qui ne disposait pas de l’agrément nécessaire. Pour certaines de ces familles, un premier agrément avait même été retiré, après des condamnations pour agressions sexuelles sur mineurs, comme l’ont révélé la cellule investigation de Radio France et Mediapart.

Au total, des dizaines d’enfants auraient été confiés à la structure « Enfance et Bien-Être », contre des indemnités qui s’élèveraient à au moins 630.000 euros sur sept ans. Ils ont été accueillis par des familles de l’Indre, de la Creuse et de la Haute-Vienne.

Plus grave encore, une partie de ces mineurs racontent avoir été victimes de violences diverses: sévices, surdosages médicamenteux, travail forcé ou encore humiliations régulières. « Ces enfants ont été violentés, insultés, maltraités, et le silence est le roi », a fustigé Me Myriam Guedj Benayoun, l’une des avocates des victimes, devant le tribunal. « Personne n’a rien dit pendant sept ans ».

Pour Me Jean Sannier, autre conseil des parties civiles, « nous voulons surtout dénoncer ce temps assassin de la justice », sept années « de scarifications pour ne pas mourir ». Au moins cinq des victimes devraient témoigner lors du procès, qui se tient devant le tribunal correctionnel jusqu’au 18 octobre à Châteauroux.

Selon l’enquête, l’affaire éclate après l’hospitalisation pour « une chute à vélo » d’un des enfants, Mathias, mais qui refuse, après une semaine de coma, de retourner chez son bourreau. Un signalement au parquet est alors effectué, qui met au jour des faits répétés commis entre 2010 et 2017.

 

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