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Un employé d’un élevage de porcs de l’Yonne a été condamné à 1.000 euros d’amende avec sursis pour "mauvais traitement envers un animal"

Un employé d’un élevage de porcs de l’Yonne a été condamné jeudi à 1.000 euros d’amende avec sursis pour « mauvais traitement envers un animal » après la dénonciation par l’association L214 de « sévices » incluant l’agonie d’une truie assommée à coups de masse.

Suivant les réquisitions du ministère public, il n’a en revanche condamné ni l’élevage ni ses dirigeants, au grand dam de l’association. Lors du procès en mars à Auxerre, le procureur Hugues de Phily avait requis une amende de 1.500 euros, dont 1.000 avec sursis, contre Dominique Hervet, 61 ans, qui était à l’époque des faits, entre 2019 et 2022, responsable des truies gestantes sur l’élevage des Tremblats II, à Annay-sur-Serein (Yonne, 1.800 bêtes).

L’employé avait été dénoncé par un lanceur d’alerte, soutenu par l’association de défense des animaux L214, qui avait notamment évoqué des « coups de tournevis, de barres de fer, de masse » contre les porcs, ainsi que le « claquage » des porcelets, qui consiste à tuer un animal non viable en le jetant par terre.

Il avait également mis au jour l’agonie, le 16 février 2021, d’une truie « défoncée à coups de masse » et qui sera laissée agonisante toute une nuit avant d’être achevée au fusil le lendemain. La vidéo, diffusée par L214, avait suscité un vif émoi dans tout le pays. L’association avait porté plainte contre l’élevage.

Lors du procès, son avocate Caroline Lanty avait souligné que la pratique du « claquage » est interdite depuis janvier 2022. « Au prétexte qu’on a toujours fait comme ça, on s’acharne sur l’animal », avait-elle accusé. Le ministère public s’était toutefois limité aux sévices imposés à la truie.

Sa mise à mort « est extrêmement choquante », avait reconnu le procureur, estimant qu’il ne fallait pas pour autant faire « le procès de toute une filière ». Le ministère public avait ainsi décidé de limiter les poursuites à « l’abattage irrégulier d’une truie » par M. Hervet. Selon lui, « plusieurs contrôles » des services vétérinaires n’avaient relevé que « des non-conformités légères » régularisées ensuite. Le tribunal a suivi cette logique.

Avec cette décision, « les mauvaises conditions d’élevage et les souffrances qui en découlent pour les animaux ont été ignorées », a réagi l’avocate de L214. Pour elle, la peine d’amende avec sursis est « un blanc-seing donné à celui qui a tabassé une truie à coup de masse et l’a laissée agoniser » et les relaxes « une prime donnée à ceux qui ne respectent pas la réglementation ».

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Vos réactions

Portrait de Dani31
13/avril/2024 - 11h03 - depuis l'application mobile

Et si on commençait pas condamner pour mauvais traitements les sauvages qui pratiquent la mise à mort hallal au nom d'une religion.

Portrait de Wouhpïnaise
12/avril/2024 - 19h34

Pas cher payé au regard de la cruauté des faits.

Portrait de MICMAH458
12/avril/2024 - 16h46

Avec sursis, donc il ne paiera même pas s'il ne se fait plus prendre.  C'est donc un beau message que l'on adresse à dominique hervet (redisons bien son nom pour que tous ceux qui le connaissent sachent comment ce gus agit), pour lui dire qu'il peut continuer de maltraiter les animaux, mais qu'il doit faire attention parce qu'à la prochaine plainte, il y a mille euros en suspens s'il se fait choper.  Belle justice, et beau courage de la part des juges qui rendent de telles décisions.

Portrait de Otis dentiste
12/avril/2024 - 16h38

"« coups de tournevis, de barres de fer, de masse » contre les porcs"

"une truie « défoncée à coups de masse » et qui sera laissée agonisante toute une nuit avant d’être achevée au fusil le lendemain"

Résultat, 1000€ d'amende avec sursis (c'est à dire une amende qui devra être payée seulement s'il se fait condamner une seconde fois)....