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La justice autorise Mediapart à publier sa nouvelle enquête sur le maire de Saint-Etienne, interdite depuis 13 jours - Laurent Wauquiez va attaquer Gaël Perdriau en diffamation

17h56: Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat et candidat à la présidence du parti, a appelé les élus de la majorité de Saint-Étienne à demander la démission du maire Gaël Perdriau, au centre de plusieurs affaires secouant la région. "J'appelle les élus de la majorité de Saint-Étienne à se désolidariser de Gaël Perdriau en demandant sa démission. Il salit l'honneur de St Étienne, la grandeur du mandat de maire et la politique en général", a écrit M. Retailleau sur Twitter.

La justice a autorisé mercredi Mediapart à publier une enquête promettant de nouvelles révélations sur Gaël Perdriau, rétractant une première ordonnance empêchant le média en ligne de publier cet article sur le maire de Saint-Étienne, englué dans une affaire de chantage présumé. Dans la foulée, Mediapart a publié son enquête faisant état de propos calomnieux de M. Perdriau à l'encontre du président LR de la région Auvergne/Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez. Ce dernier a annoncé attaquer le maire de Saint-Étienne en diffamation.

L'affaire a débuté début août quand Mediapart a publié les confessions de l'ancien compagnon d'un adjoint municipal de droite s'accusant d'avoir piégé le premier adjoint Gilles Artigues en le faisant filmer pour le faire chanter dans une chambre d'hôtel avec un escort boy. Selon ses confessions, cette "barbouzerie" avait été organisée à la demande du maire - lequel a toujours démenti toute implication - et rétribuée via des prestations fictives facturées à des associations culturelles financées par la municipalité. M. Perdriau a été exclu de LR. En octobre, il a annoncé porter plainte contre le parti pour "diffamation" et contre le député LR Eric Ciotti, également candidat à la présidence de LR, pour "injures publiques".

16h58: Le point sur ce que l'on sait:

La justice française a autorisé mercredi le site Mediapart à publier une enquête accusant le maire de Saint-Etienne, ville du centre-est de la France, d'avoir propagé une "rumeur criminelle" à l'encontre d'un rival politique, après avoir interdit sa publication pendant près de deux semaines.

Par une première décision de justice, considérée comme un acte inédit de "censure" en France par de nombreux journalistes et défenseurs de la liberté d'expression, le maire de Saint-Étienne Gaël Perdriau, englué dans une affaire de chantage présumé, avait obtenu le 18 novembre l'interdiction de publication de cet article. "La justice rétracte l'ordonnance qui nous interdisait de publier notre enquête sur les méthodes politiques de Gaël Perdriau", a tweeté Mediapart qui a diffusé dans la foulée l'article "après 12 jours de censure".

"Mediapart révèle que le maire de Saint-Etienne a lancé une rumeur criminelle, dont il reconnaît aujourd'hui qu'il s'agit d'une pure calomnie, contre le président de région (Auvergne Rhône-Alpes, centre-est) Laurent Wauquiez", affirme en préambule cet article. Le président Les Républicains (opposition de droite) de la région Auvergne Rhône-Alpes a peu après annoncé son intention de porter plainte pour diffamation contre Gaël Perdriau.

Vendredi, le directeur du média d'investigation, Edwy Plenel, avait demandé au tribunal "de mettre fin au plus vite à une attaque sans précédent contre la liberté de la presse", soutenu à l'audience par Reporters sans frontières, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), des syndicats de la profession, la Ligue des droits de l'homme et les associations de la presse judiciaire et des avocats praticiens du droit de la presse. L'enquête de Mediapart présente un "intérêt public majeur", avait fait valoir Edwy Plenel, relatant comment un maire utilise "le poison de la calomnie" comme "arme politique pour discréditer" un opposant. Surtout, "il n'appartient pas au tribunal de contrôler préalablement une information qui n'a pas été publiée", avait insisté l'avocat de Mediapart, Emmanuel Tordjman. "C'est la gravité de votre décision", avait-t-il lancé à la magistrate Violette Baty, lui demandant la rétractation de l'ordonnance.

La magistrate est revenue sur sa première décision considérant qu'il y avait eu "rétention d'éléments d'informations", selon la décision qu'a pu consulter l'AFP. La liberté de la presse est en jeu, estimaient dans un texte de soutien à Mediapart une trentaine de sociétés de journalistes.

16h02: Le président LR de la région Auvergne Rhône Alpes Laurent Wauquiez a annoncé mercredi sur son compte twitter son intention de porter plainte pour diffamation contre le maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau. "Même si l'intéressé a été conduit à reconnaître son mensonge abject, je saisis l'autorité judiciaire et porte plainte pour diffamation contre M. Perdriau", a-t-il écrit alors que Mediapart vient de publier une enquête sur des propos calomnieux du maire visant M. Wauquiez.

15h17: La justice a autorisé mercredi Mediapart à publier une enquête promettant de nouvelles révélations sur Gaël Perdriau, rétractant une première ordonnance empêchant le média en ligne de publier cet article sur le maire de Saint-Etienne, englué dans une affaire de chantage présumé. "La justice rétracte l'ordonnance qui nous interdisait de publier notre enquête sur les méthodes politiques de Gaël Perdriau", a tweeté le média qui a diffusé dans la foulée l'article "après 12 jours de censure".

06h29: Le site d'investigation Mediapart pourra-t-il publier sa nouvelle enquête sur le maire de Saint-Etienne, interdite depuis 13 jours ? Réponse aujourd'hui, la justice devant décider d'annuler ou non la "censure" inédite dénoncée par le site, soutenu par de nombreux journalistes et défenseurs de la liberté d'expression.

Vendredi dernier, le directeur du média d'investigation, Edwy Plenel, était venu demander au tribunal judiciaire de Paris "de mettre fin au plus vite à une attaque sans précédent contre la liberté de la presse".

Mais l'affaire a été mise en délibéré, à la déception de Mediapart, soutenu à l'audience par Reporters sans frontières, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), des syndicats de la profession, la Ligue des droits de l'homme et les associations de la presse judiciaire et des avocats praticiens du droit de la presse.

Dans leur viseur, une ordonnance, rendue en urgence par le même tribunal le 18 novembre, à la demande du maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau (ex-LR), invoquant une atteinte à la vie privée, sans que Mediapart n'ait pu se défendre.

Cette décision lui interdit de publier de nouvelles informations tirées d'un enregistrement audio de l'élu stéphanois, après une série de révélations sur une affaire de chantage à la vidéo intime, "sous astreinte de 10.000 euros par extrait publié".

Or l'enquête de Mediapart présente un "intérêt public majeur", a fait valoir Edwy Plenel, relatant comment un maire utilise "le poison de la calomnie" comme "arme politique pour discréditer" un opposant, Laurent Wauquiez, le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Il s'agissait de "tuer dans l'oeuf" une "rumeur calomnieuse gravissime" et "sans aucun fondement de l'aveu même de son propagateur", a ajouté le journaliste. Surtout, "il n'appartient pas au tribunal de contrôler préalablement une information qui n'a pas été publiée", a insisté l'avocat de Mediapart, Emmanuel Tordjman. "C'est la gravité de votre décision", a-t-il lancé à la magistrate Violette Baty, lui demandant la rétractation de l'ordonnance rendue par ses soins.

"Catastrophe judiciaire", "hérésie"... les avocats des différents soutiens de Mediapart ont fustigé tour à tour une décision "inédite" qui "pulvérise le droit de la presse" en vigueur depuis 1881, estimant que la juge avait été "trompée".

"Il est profondément injuste de dire que notre objectif était de porter atteinte à la liberté d'expression", a pour sa part défendu Me Christophe Ingrain, l'avocat de Gaël Perdriau - absent à l'audience - , invoquant le droit à la vie privée.

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Vos réactions

Portrait de COLIN33
30/novembre/2022 - 08h23 - depuis l'application mobile

Espérons " Oui " il faut combattre tous les abus des gouvernants,....

Portrait de Electro
30/novembre/2022 - 08h08

J'adore la liberté de la presse dans notre pays !

Révéler les manigances de ces paniers de crabes !