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L'AFP étend au monde arabe son réseau de fact-checking pour lutter contre les infox via un contrat avec Facebook

L'Agence France-Presse a annoncé l'extension de son réseau de "fact-checking" (vérification d'informations douteuses) au Moyen-Orient et à l'Afrique du nord, avec l'implantation à Beyrouth d'une équipe qui produira des articles en arabe, via la signature d'un nouveau contrat avec Facebook.

Comme les autres journalistes de l'AFP spécialisés dans la lutte contre les infox ou fausses nouvelles, qui produisent déjà dans 16 pays et en quatre langues (français, anglais, espagnol et portugais), les équipes installées à Beyrouth "travailleront avec les journalistes des bureaux AFP de la région et vérifieront factuellement des informations potentiellement douteuses diffusées au Moyen-Orient et en Afrique du nord", a précisé l'AFP dans un communiqué. Les articles, qui s'inscrivent dans la participation de l'AFP au programme mondial de "fact-checking" de Facebook, seront diffusés notamment via une déclinaison en langue arabe du blog AFP Factuel. Les contenus vérifiés mêleront publications écrites, photos, et vidéos partagées sur Facebook.

Avec son programme de "fact-checking" lancé fin 2016, Facebook cherche à combattre la diffusion de fausses informations ou "fake news" en rémunérant des journalistes de plusieurs médias, qui se chargent de vérifier la véracité de contenus partagés sur le réseau social et soupçonnés d'être faux. Pour l'AFP, ce nouveau contrat signé avec Facebook reflète une volonté de devenir un référent mondial en matière de lutte contre les "fake news". L'agence de presse est le média qui participe au programme de Facebook dans le plus grand nombre de pays, et le premier à le faire au sein du monde arabe. "Nous voulons créer une culture du fact-checking", souligne Phil Chetwynd, directeur de l'information de l'AFP, pour qui ce type d'initiative fait partie des solutions potentielles à la crise de confiance que subissent les médias traditionnels.

"C'est une réponse à la réalité dans laquelle les médias sont plongés. Une énorme partie de l'audience a abandonné les médias traditionnels et s'informe via des groupes Facebook, comme on l'a vu avec les gilets jaunes. Nous sommes obligés d'aller sur ce terrain", explique-t-il. Dans le détail, l'agence de presse participe déjà au programme de Facebook dans les pays suivants: Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Canada, Cameroun, Colombie, Espagne, France, Inde, Indonésie, Kenya, Mexique, Nigeria, Pakistan, Philippines et Sénégal. Ses équipes dédiées -- une trentaine de journalistes à l'échelle mondiale -- produisent déjà environ 200 articles par mois.

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Vos réactions

Portrait de Miko
10/février/2019 - 19h07

Maintenant c'est facebook qui va décider si une info est vraie ou pas.  1984 c'est aujourd'hui, réveillons-nous.