barclays Une juge fédérale américaine a infligé un sérieux revers à l’administration Trump en déclarant illégales les sanctions prises contre Anthropic, l’entreprise à l’origine de l’intelligence artificielle Claude.
Dans une décision de 59 pages rendue jeudi, la juge Rita Lin, à San Francisco, a estimé que le gouvernement avait sanctionné la société en représailles à ses critiques publiques contre le Pentagone.
Le conflit avait éclaté après le refus d’Anthropic d’autoriser l’armée américaine à utiliser Claude sans restriction pour toutes les applications jugées légales.
L’entreprise souhaitait maintenir deux lignes rouges : l’utilisation de son IA pour la surveillance de masse des Américains et pour des armes létales entièrement autonomes. Anthropic estime notamment que les modèles d’intelligence artificielle actuels ne sont pas encore suffisamment fiables pour décider seuls de frappes pouvant tuer des êtres humains.
Face à ce refus, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth avait désigné l'entreprise comme un « risque pour la chaîne d’approvisionnement », une qualification extrêmement lourde pour une société américaine. Donald Trump avait parallèlement ordonné aux agences fédérales de cesser d’utiliser les technologies développées par Anthropic.
Le président américain avait également attaqué publiquement l’entreprise, la présentant comme une société de la « gauche radicale » et « hors de contrôle ». Pour la juge Rita Lin, les éléments du dossier ne permettent toutefois pas de démontrer qu’Anthropic représentait véritablement une menace pour la sécurité nationale.
Elle considère au contraire que les mesures prises avaient pour objectif de punir l’entreprise pour ses prises de position et de faire un exemple dans le secteur technologique.
La magistrate a donc annulé la désignation d’Anthropic comme risque pour la chaîne d’approvisionnement et interdit aux agences concernées d’appliquer l’ordre présidentiel visant à bannir ses outils.
La décision, qui rend définitive une première suspension prononcée au printemps, entre immédiatement en application, même si le gouvernement américain peut encore faire appel.
Anthropic a salué cette victoire judiciaire tout en affirmant vouloir continuer à travailler avec Washington pour mettre l’intelligence artificielle au service de la sécurité nationale.
Le bras de fer n’est cependant pas totalement terminé : une autre mesure prise par le Pentagone maintient pour l’instant Anthropic à l’écart de certains contrats militaires et fait l’objet d’une procédure distincte.
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