21/03 15:31

Le parquet a requis trois ans de prison ferme contre une infirmière qui s’était fait rembourser des dizaines de milliers d’actes fictifs par 34 caisses d’assurance maladie à travers la France

Une infirmière marseillaise s’était fait rembourser des dizaines de milliers d’actes fictifs par 34 caisses d’assurance maladie à travers la France. Une fraude de plus de 1,5 million d’euros pour laquelle le parquet a requis trois ans de prison ferme contre elle mercredi.

Maryse Mercier, 67 ans, infirmière libérale depuis 1988, était jugée depuis lundi par le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir facturé 81.449 actes fictifs de 2017 à 2020, occasionnant à la Sécurité sociale un préjudice de 1.524.538 euros.

« Je ne sais pas si Mme Mercier a été un jour une bonne infirmière, mais le dossier dit qu’elle a été une infirmière cupide, a abusé de la faiblesse d’assurés sociaux et a porté atteinte au principe de solidarité de la Sécurité sociale », a estimé la procureure, en demandant cinq ans de prison dont trois ans ferme et une amende de 30.000 euros contre la principale prévenue.

« Ces chiffres ahurissants témoignent de l’avidité de Mme Mercier », a insisté Sophie Bot, en citant l’exemple du 28 octobre 2017, jour où cette professionnelle avait facturé 312 actes auprès de 104 patients dans quatre départements différents.

L’infirmière facturait des assurés à 100% grâce à des cartes vitales et des attestations de l’Aide médicale d’urgence délivrées à des migrants ou encore les cartes de Couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) récupérées par des complices.

« Avec ces publics, il n’y avait aucun risque que les titulaires se rendent compte d’une utilisation frauduleuse », a relevé Mme Bot.

Pour fournir à la Sécurité sociale les prescriptions médicales afférentes aux actes fictifs, l’infirmière utilisait le tampon d’un médecin décédé.

Quatre ans de prison dont deux ans avec sursis et 20.000 euros d’amende ont été réclamés contre Soraya Derrar, une femme de ménage, et Rosa Dikous, désignées comme ses principales complices parmi les 11 prévenus. Selon l’accusation, celles-ci avaient notamment recruté des « mules bancaires » chargées, contre rémunération, d’encaisser des chèques de Mme Mercier pour ensuite lui restituer les sommes en liquide.

Cette fraude aurait débuté en 2017 quand l’infirmière se serait fait rembourser les soins de toilette prescrits aux parents de Mme Derrar mais en fait effectués par Mme Derrar elle-même.

Mme Mercier aurait ensuite été « forcée à réaliser des actes fictifs » par ses deux principales complices. Désignant Mmes Derrar et Dikous et leurs proches comme des « extorqueurs », l’infirmière a affirmé leur avoir versé 500 à 600.000 euros sous la contrainte. Mais elle aurait effacé l’essentiel des messages de menace reçus. Au total, cinq des onze prévenus répondent ainsi du délit de tentative d’extorsion sur l’infirmière, dont les deux fils d’une de ses principales complices.

La procureure a également requis pour Mme Mercier une interdiction définitive d’exercer la profession d’infirmière et la confiscation des comptes bancaires du couple Mercier -son mari est jugé pour recel d’escroquerie-, du domicile familial et d’autres biens immobiliers, représentant plusieurs centaines de milliers d’euros.

Le jugement a été mis en délibéré au 17 avril.

 

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Vos réactions

Portrait de Beguin
21/mars/2024 - 21h12

Mais faites des contrôles 

Portrait de kuwabara
21/mars/2024 - 18h56

mais faut mieux taper sur les rsites et les vilains chomeur qui fraudent tous bien sur !!

Portrait de Justemonavis
21/mars/2024 - 16h56

10 ans au frais et remboursement bien sur ... mais cela ne peux se faire que si il y a une justice.

Portrait de dede35
21/mars/2024 - 15h54

Ce genre de personne discrédite cette noble profession.