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Le président du Mexique a tenté de justifier sa décision de divulguer le numéro de téléphone d'une journaliste du New York Times auteure d'une enquête sur ses liens supposés avec le trafic de drogue

Le président du Mexique, Andrés Manuel Lopez Obrador, a tenté de justifier  sa décision de divulguer le numéro de téléphone d'une journaliste du New York Times auteure d'une enquête sur ses liens supposés avec le trafic de drogue via son entourage. M. Lopez Obrador avait lu la veille le numéro de téléphone de la journaliste au cours de sa conférence de presse habituelle, ainsi que les questions qu'elle lui avait envoyées pour son enquête.

"Il ne peut pas y avoir de loi au-dessus d'un principe fondamental qui est la liberté", a déclaré le président de gauche vendredi, quand une journaliste lui a demandé s'il n'avait pas enfreint les normes de protection des données personnelles. "Que se passe-t-il quand cette journaliste me calomnie ? Elle me lie, moi et ma famille" au crime organisé "sans preuves", a ajouté le chef de l'Etat.

Un organisme chargé de la protection des données a ouvert une enquête pour voir si la divulgation du numéro constituait une "violation" de la législation mexicaine en la matière. Le New York Times a dénoncé jeudi une "tactique préoccupante et inacceptable".

M. Lopez Obrador "a déclaré explicitement aujourd'hui que les lois dans son pays ne s'appliquaient pas dans son cas", a dénoncé sur X (ex-Twitter) Jan-Albert Hootsen, le représentant au Mexique du Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Le président mexicain devrait "demander des excuses à la journaliste", a estimé la porte-parole au Mexique de Reporters sans frontières, Balbina Flores, sur Milenio TV.

Quelque 150 journalistes ont été assassinés au Mexique depuis 2000. L'enquête du New York Times est parue jeudi en anglais et en espagnol. D'après celle-ci, des investigations de fonctionnaires américains ont permis de découvrir de "possibles liens entre de puissants opérateurs des cartels et des fonctionnaires et des conseillers" proches de M. Lopez Obrador.

L'article avance qu'un proche du chef de l'Etat a rencontré Ismael Zambada, un des patrons du Cartel de Sinaloa, avant sa victoire électorale en 2018. "Les Etats-Unis n'ont jamais ouvert d'enquête officielle contre Lopez Obrador et les fonctionnaires chargés de l'enquête l'ont archivée", précise le New York Times.

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