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Le procès d'un gendarme du GIGN, accusé d'avoir involontairement tué d'une balle dans la nuque un jeune homme de 22 ans lors d'une intervention liée à des cambriolages, s'est ouvert aujourd'hui

Le procès d'un gendarme du GIGN, accusé d'avoir involontairement tué un jeune homme de 22 ans lors d'une intervention liée à des cambriolages, s'est ouvert aujourd'hui devant la cour criminelle du Pas-de-Calais. Alexandre B., chef de groupe d'une unité au GIGN de Reims, est poursuivi à Saint-Omer pour «violence d'une personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner».

Il est l'auteur d'un tir mortel à la nuque sur Henri Lenfant, âgé de 22 ans, lors d'une interpellation le 21 septembre 2018. «J'ai agi. J'ai fait mon tir. Mais mon souhait n'était pas de tuer la personne mais de sauver ma vie», a-t-il regretté devant la quinzaine de proches de la victime, dont certains en larmes.

Le gendarme, assis en uniforme sur le banc des accusés, faisait partie des militaires appelés en renfort à Arras pour enquêter sur des vols en bande organisée lors de périples nocturnes. Le soir du 21 septembre 2018, son escouade tente d'interpeller trois personnes dans une BMW, selon le récit de la présidente de la cour criminelle. Alors que les passagers réussissent à prendre la fuite, le conducteur, Henri Lenfant, reste au volant moteur éteint.

Les gendarmes essayent de l'extirper du véhicule, mais il refuse de sortir. Côté passager, portière ouverte, Alexandre B. tire le frein à main, à genoux sur le siège passager et s'applique, en vain, à retirer les clés du contact. Henri Lenfant redémarre la voiture et accélère soudain tout en tentant de pousser le gendarme à l'extérieur. Alexandre B., toujours à genoux sur le siège passager, extrémité des jambes dans le vide, s'acharne à rester dans le véhicule.

Se sentant en danger, il sort son arme et tire. La balle se loge dans la nuque du jeune homme qui décède aux alentours de 4 heures du matin. La présidente de la cour criminelle a souligné que les personnes mises en cause étaient très violentes, avec des comportements dangereux, prêtes à tout pour échapper à leur arrestation.

Les gendarmes avaient été conduits jusqu'à ces membres d'un camp de gens du voyage, dont faisait partie Henri Lenfant, grâce aux véhicules utilisés lors des cambriolages. Au cours des quatre jours de procès, la cour criminelle s'appliquera à déterminer si le tir était ou non légitime. Le gendarme risque jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle.

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Vos réactions

Portrait de Koikilencoute
20/février/2024 - 00h19

Encore un "petit ange" parti trop tôt, le pauvre : il avait encore une longue carrière de délinquant devant lui...

Sans rire, il est temps de mettre en place la "défense excusable" pour les forces de l'ordre, comme le propose Éric Zemmour.

Portrait de bruno.13
19/février/2024 - 19h13

Il n'y a rien à lui reprocher vu les circonstances. Il doit être relaxé. Mais peut-être que certains auraient aimé que ce soit le policier qui meure (La France Indigne par exemple)