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Le prix Albert Londres couronne un jeune journaliste belge de 31 ans, Wilson Fache : Il a été choisi pour ses reportages sur l'Afghanistan, sur la gare routière de Tel Aviv

C'est une "plume rare" et un talent pour dépeindre des "atmosphères" que le 85e prix Albert Londres a voulu couronner: le Belge Wilson Fache a remporté  la récompense la plus prestigieuse du journalisme francophone. Journaliste indépendant de 31 ans, M. Fache a été choisi pour ses reportages sur l'Afghanistan (publiés dans les quotidiens français Libération et belge L'Echo), sur la gare routière de Tel Aviv (paru dans le magazine français Mouvement) et sur l'Ukraine (L'Echo).

De mémoire d'organisateurs, c'est la première fois qu'un Belge est victorieux dans la catégorie reine, presse écrite, en 90 ans de prix Albert Londres. En outre, le 39e prix de l'audiovisuel a été décerné à Hélène Lam Trong pour son documentaire "Daech, les enfants fantômes" (diffusé sur France 5), sur les enfants de djihadistes français qui grandissent en Syrie.

Enfin, le 7e prix du livre a couronné Nicolas Legendre pour "Silence dans les champs" (Ed. Arthaud), enquête sur l'agro-industrie bretonne. A l'occasion du 90e anniversaire du prix, le jury composé d'anciens lauréats s'est réuni à Vichy, ville natale d'Albert Londres (1884-1932), le père du grand reportage moderne.

La récompense portant son nom avait été décernée pour la première fois en 1933, et était allée à un certain Emile Condroyer pour ses reportages dans le quotidien Le Journal. Quatre-vingt-dix ans plus tard, le jury 2023 a salué dans un communiqué la "plume rare" de Wilson Fache, son "talent d'évocation" et sa "capacité à emmener son public dans des atmosphères".

"Je ne suis pas un journaliste d'enquête ou d'actualité chaude, mais un journaliste de reportage, de narration", qui aime dépeindre "des ambiances", a déclaré le lauréat à l'AFP.

Journaliste indépendant, Wilson Fache couvre le Moyen-Orient et les grandes actualités internationales pour de nombreux médias (RTBF, RFI, Libération, L'Orient-Le Jour, RTS, RTL...). "Les trois lauréats de cette année sont trois journalistes indépendants: c'est une fierté, car nous sommes les plus précaires d'une profession sinistrée à cause de la crise de la presse", s'est félicité le journaliste.

Après dix années de journalisme, il a dit espérer que ce prix facilite son travail: "Je vis à la pige, à la commande, et je ne pars pas" sur un terrain donné "si je n'ai pas assez de commandes" de journaux.

Pour leur part, le prix du reportage audiovisuel a été créé en 1985 et celui du meilleur "livre d'enquête et de reportage" en 2017. Les trois lauréats reçoivent chacun 5.000 euros. En couronnant Hélène Lam Trong pour "Daech, les enfants fantômes", le jury dit avoir voulu récompenser "un film sur l'attente et l'absence, dans lequel les enfants sont filmés avec une grande dignité".

Enfin, le jury a loué le "travail d'enquête au long cours" de Nicolas Legendre pour le livre "Silence dans les champs": "cette immersion dans l'agro-industrie bretonne est un travail difficile, brillant, documenté qui révèle une atmosphère sournoise de féodalité", a-t-il estimé.

Pour pouvoir prétendre au prix Albert Londres, les candidats doivent être francophones et avoir moins de 41 ans. Les journalistes peuvent se présenter à titre individuel: il n'est pas nécessaire d'être recommandé par un journal, un diffuseur, une société de production ou un éditeur.

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