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Les médecins généralistes, en colère, s'opposent à la revalorisation du tarif des téléconsultations dans le cadre des actuelles négociations tarifaires avec l'Assurance maladie

G France, le principal syndicat de médecins généralistes, s'oppose à la revalorisation du tarif des téléconsultations dans le cadre des actuelles négociations tarifaires avec l'Assurance maladie, a indiqué sa présidente Agnès Giannotti. D'une manière générale, «il ne faut pas que les tarifs des téléconsultations augmentent», a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. Les modalités exactes de ce principe restent toutefois à discuter, car MG France ne veut pas «pénaliser» le médecin qui téléconsulte avec un patient régulier, a précisé Agnès Giannotti.

Le syndicat vise en revanche les plateformes de téléconsultation, qui selon lui détournent les médecins libéraux de l'accueil direct en cabinet, au profit de téléconsultations plus faciles à enchaîner et plus lucratives. La présidente de MG France a ainsi vivement critiqué le projet de la SNCF d'installer des espaces de téléconsultation dans 300 gares situées en zones sous-dotées en médecins. «C'est une initiative qui déconstruit et désorganise l'offre de soins», en «drainant les professionnels (les médecins) vers une offre plus lucrative», a-t-elle estimé. «Si on fait des angines toute la journée, c'est clair que le chiffre d'affaires est plus élevé».

Les téléconsultations n'avaient pas bénéficié d'une première revalorisation du tarif des consultations entrée en vigueur le 1er novembre: la téléconsultation du médecin généraliste est restée à 25 euros, alors que la consultation en présentiel est passée à 26,5 euros.

MG France a également dénoncé la campagne de contrôles lancée par l'Assurance maladie sur un millier de médecins généralistes prescrivant significativement plus d'arrêts de travail que leurs confrères. «Parmi les médecins ciblés, la plupart sont des médecins consciencieux. Il faut arrêter les redressements intempestifs», selon Agnès Giannotti.

Les redressements statistiques opérés par l'Assurance maladie pour pouvoir comparer les taux de prescriptions d'arrêts maladie entre médecins «aboutissent à des situations aberrantes», a renchéri Jean-Christophe Nogrette, le secrétaire général adjoint de MG France. Selon le syndicat, il y a actuellement quelque 300 médecins visés par une procédure de mise sous accord préalable. Cette procédure peut aboutir à ce que tous les arrêts maladie prescrits par le praticien soient soumis à accord préalable de l'Assurance maladie, pendant six mois.

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