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Les organisations Cartooning for Peace et Cartoonists Rights demandent aux plateformes de veiller à garantir le droit à la satire, dans un contexte général d'"évolutions préoccupantes" pour les dessinateurs de presse dans le monde

Les organisations Cartooning for Peace et Cartoonists Rights demandent aux plateformes de veiller à garantir le droit à la satire, dans un contexte général d'"évolutions préoccupantes" pour les dessinateurs de presse dans le monde.

"De manière croissante, le message tacite de nombreux propriétaires et des gestionnaires de médias consiste à dire que les dessinateurs sont superflus", alertent-elles dans un rapport sur 2020-2022, publié mardi et rédigé avant le début de la guerre Israël-Hamas déclenchée le 7 octobre.

Le recours à "l'autopublication" sur les réseaux sociaux n'est pas toujours possible, du fait "d'une modération du contenu restreignant la satire, quand les algorithmes n'enterrent pas complètement ce type de contenu", soulignent ces organisations de défense des dessinateurs de presse.

De plus, ajoutent-elles, "dans de nombreuses régions du monde, le dessinateur qui agit de la sorte s'expose à des poursuites en vertu des lois sur la communication numérique et la +cybercriminalité+, ou encore à la prédation de trolls motivés par des considérations politiques".

Cartooning for Peace, fondée par le dessinateur français Plantu, et Cartoonists Rights citent notamment les cas des dessinateurs de Malaisie Zunar et Fahmi Reza, qui ont fait l'objet d'enquêtes policières. En Bolivie, Abecor a lui été "visé à plusieurs reprises par un +trolling+ massif (harcèlement) de comptes anonymes qui a contribué à la fermeture de son journal".

Ainsi les plateformes "doivent veiller à ce que des personnes capables de reconnaître la satire soient chargées de la prise de décision en ce qui concerne la modération de dessins". Et ce, "afin de garantir que les dessinateurs ne soient pas considérés comme porteurs de +discours de haine+ et qu'ils ne puissent pas faire l'objet de campagnes de harcèlement à visée politicienne", préconisent les deux ONG.

Elles expliquent que des comptes sont parfois suspendus "pour nudité, obscénité, propagation de haine" ou violation des conditions générales d'utilisation, comme cela a été le cas l'année dernière pour l'Américain Clay Jones après des caricatures sur le racisme.

Les deux organisations appellent plus généralement à protéger "la liberté d'expression des dessinateurs de presse", face à "une forte hausse du nombre d'alertes" consécutives à la crise du Covid et la guerre en Ukraine. "L'étau se resserre dangereusement en Russie et en Inde", d'après le président de Cartooning for Peace, le français Kak.

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