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Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné le média indépendant Médiacités pour diffamation envers Patrick Ollier, président LR de la Métropole du Grand Paris

Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné le média indépendant Médiacités pour diffamation envers Patrick Ollier, président LR de la Métropole du Grand Paris et maire de Rueil-Malmaison (Haut-de-Seine), a indiqué son avocat. Cette condamnation porte sur un article publié en avril 2021 par le site d'informations révélant une plainte de l'association Anticor pour " prise illégale d'intérêt ", "détournement de fond publics " et "faux et usage de faux " à la suite de plusieurs opérations immobilières de proches de M. Ollier.

L'association anticorruption soupçonne notamment l'élu d'avoir cédé en février 2017 un bâtiment de la ville à un promoteur immobilier "proche", par le biais d'une cession dont les conditions "interrogent", selon la plainte. Le fils du maire de Rueil-Malmaison ainsi que son ancien directeur général des services auraient bénéficié d'avantages lors d'opérations immobilières précédentes, selon Anticor.

Dans sa décision, consultée par l'AFP, le tribunal judiciaire de Nanterre estime que plusieurs passages de l'article de Médiacités constituent une "imputation diffamatoire", portant atteinte à l'honneur et la probité de M. Ollier et son premier adjoint à Rueil-Malmaison.

Ces passages, "qui imputent sans nuance des faits qui ne reposent sur aucune base factuelle, dépassent (...) les limites admissibles de la liberté d'expression", ajoute le tribunal, qui juge que les documents fournis par la défense ne permettent pas d'établir la "bonne foi" du média en ligne.

Il a condamné le directeur de la publication de Médiacités à verser au total 6.000 euros aux deux hommes, une somme qui comprend les dommages et intérêts ainsi que les frais d'avocat.

L'auteur de l'article incriminé a en revanche obtenu une nullité. "Anticor et certains relais de presse ont trop tendance à condamner avant l'heure des élus et à les présenter comme auteurs d'infractions alors qu'à ce jour Patrick Ollier n'a même pas été entendu par les services de police, deux ans et demi après le dépôt de plainte", a réagi auprès de l'AFP l'avocat de l'élu, Me Rémi-Pierre Drai. S

aluant la décision du tribunal de Nanterre, M. Ollier a pour sa part déclaré dans un communiqué être prêt à répondre "point par point aux accusations proférées par Anticor".

L'avocat de Médiacités, Me Vincent Fillola, a indiqué à l'AFP avoir fait appel de la condamnation de son client. Selon lui, le tribunal "a fait dire à un journaliste ce qu'il n'a pas dit et n'a pas écrit, en allant très au-delà de l'interprétation que le plaignant lui-même avait fait des propos poursuivis".

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