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La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, lance quelques pistes pour améliorer la situation des sportives de haut-niveau qui choisissent de devenir mère pendant leur carrière

La ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, a lancé lundi quelques pistes pour améliorer la situation des sportives de haut-niveau qui choisissent de devenir mère pendant leur carrière à l'occasion d'une matinée de débats sur le sport féminin à la maison du handball située à Créteil.

Alors que le monde de la voile a été secoué par le cas de Clarisse Crémer qui n'a pas pu se qualifier, selon elle, pour le Vendée Globe 2024 en raison de sa maternité, la question d'avoir des enfants pour les sportives est revenue sur la table dans un monde du sport féminin en voie de structuration. Parmi les pistes lancées par le ministère des Sports: intégrer le "critère de parentalité" dans les critères d'aide de l'Agence nationale du sport (ANS) ou encore la prolongation de un à deux ans sur l'inscription de la liste des sportifs de haut-niveau pour "laisser du temps" aux femmes.

La direction des Sports va aussi se pencher sur les réglements sportifs qui doivent "veiller à la prise en compte de la maternité". Le président du Vendée Globe, Alain Leboeuf, a indiqué qu'un comité, présidée par Patricia Brochard (Sodebo), se penchait sur le sujet en vue de l'édition 2028, afin de "sécuriser les candidatures". Amélie Oudéa-Castéra a aussi évoqué "la création d'une cellule opérationnelle transversale". L'escrimeuse Astrid Guyard, secrétaire générale du Comité olympique français (CNOSF), actuellement enceinte, a pointé le fait que "c'est plus simple quand on est numéro un de son sport".

"Qu'est-ce qu'il en est des remplaçantes?", a-t-elle lancé. "Trop souvent pour elles le choix de la maternité, c'est une prise de risque" et souvent elles "renoncent" ou "repoussent". Des représentantes de la Ligue féminine de basket ont expliqué de leur côté vouloir conclure leur convention collective, intégrant des dispositifs sur la maternité, au 1er juillet. Amélie Oudéa-Castéra a aussi annoncé "débloquer un million d'euros" dans le cadre d'un "appel à projet" avec l'Agence nationale du sport (ANS) pour "éliminer les biais genrés" dans 200 cours d'écoles françaises.

Elle a égrené quelques chiffres: seulement "2 présidentes de fédérations olympiques sur 36", "20% de directrices technniques nationales" ou encore "5% de volume de retransmission consacré au sport féminin". "5% ce n'est pas digne de notre pays", a-t-elle lancé aux patrons des sports de Canal+, France TV, beIN Sports et l'Equipe réunis.

A cet égard, un décret sur les événements d'importance majeure les protégeant avec une diffusion en clair -- datant de 2004 -- est en discussion depuis plusieurs mois. Interrogée sur un calendrier de publication de ce décret, qui doit passer par les instances européennes, Amélie Oudéa-Castera a évoqué la perspective de "l'automne 2023".

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