22/02/2023 07:16

Le journal du principal parti d'opposition du Bangladesh s'est arrêté après avoir reçu confirmation d'un ordre de suspension du gouvernement, alimentant les craintes pour la liberté de la presse

Le journal du principal parti d'opposition du Bangladesh a arrêté lundi ses rotatives après avoir reçu confirmation d'un ordre de suspension du gouvernement, alimentant les craintes pour la liberté de la presse dans ce pays d'Asie du Sud. Le Dainik Dinkal, quotidien de grande diffusion en langue bengali, est une voix essentielle du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) depuis plus de trois décennies.

Selon la direction du titre, les autorités du district de Dacca avaient ordonné la fermeture du journal le 26 décembre, mais sa parution s'était poursuivie après avoir déposé un recours auprès du Conseil de la presse dirigé par un juge de la Haute Cour.

"Le Conseil a rejeté notre appel hier (dimanche), confirmant l'ordre du magistrat du district d'arrêter notre publication", a déclaré à l'AFP Shamsur Rahman Shimul Biswas, directeur de la rédaction du journal.

L'ordonnance, dont l'AFP a obtenu une copie, stipule que le permis d'impression du journal a été "annulé" pour violation des lois du pays sur l'impression et la publication. L'ordonnance précise que son éditeur, Tarique Rahman, chef par intérim du BNP, est un criminel condamné qui séjourne à l'étranger sans avoir cédé son poste à une autre personne. M. Biswas a affirmé que M. Rahman, qui vit maintenant à Londres, avait présenté sa lettre de démission et qu'un nouvel éditeur avait été nommé.

Les autorités du district ont reçu les documents mais n'ont pas accepté les changements, a poursuivi M. Biswas.

"Cette fermeture participe de la répression gouvernementale contre les voix dissidentes et la liberté d'expression", a-t-il déploré.

Les défenseurs des droits et les gouvernements étrangers, dont les États-Unis, s'inquiètent depuis longtemps des efforts déployés par la Première ministre Sheikh Hasina pour faire taire les critiques, et évoquent un autoritarisme rampant.

Lundi, les syndicats et les journalistes ont organisé de petites manifestations pour protester contre la fermeture du journal. Et le gouvernement ne l'a pas commentée lundi.

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