20/12/2022 11:46

Le tribunal de commerce de Grenoble, qui a entendu les représentants des quelque 2.000 salariés qui s'inquiètent de la situation financière de Go Sport va rendre sa décision

Le tribunal de commerce de Grenoble, qui a entendu ce matin les représentants des quelque 2 000 salariés qui s'inquiètent de la situation financière de Go Sport ainsi que la direction de l'entreprise, rendra sa décision mercredi. Le but de cette audience tenue à huis clos était de vérifier que l'entreprise n'est pas en situation de cessation de paiements à brève échéance.

"Le tribunal a considéré que la situation était urgente, qu'il fallait agir vite", a expliqué l’avocate du comité social et économique central (CSEC) de Go Sport, Me Evelyn Bledniak, après l’audience.

Comme la chaîne de prêt-à-porter Camaïeu, placée en liquidation fin septembre, avec ses 2 100 salariés licenciés, ses stocks bradés et la marque vendue aux enchères, Go Sport est une filiale du groupe Hermione, People and Brands (HPB), détenue par l'investisseur bordelais Michel Ohayon

Les commissaires aux comptes de Go Sport, ainsi qu’un expert indépendant mandaté par les élus du CSEC, ont présenté lundi un rapport concluant à l’état de cessation de paiements de Go Sport, depuis la période octobre-novembre.

La direction de HPB a riposté à l’audience avec un autre rapport indépendant, produisant une déclaration de non-cessation de paiements et promettant un retour à une trésorerie positive à très brève échéance.

"Mais ce rapport a été fait sur la base d’informations incomplètes car arrêtées à fin novembre, et la question c’est: et aujourd’hui ?", a souligné Me Bledniak.

Si la cessation de paiements est caractérisée, une procédure de redressement judiciaire sera ouverte.

La société HPB avait, de son côté, demandé une procédure de conciliation, plus confidentielle et qui lui aurait permis de choisir elle-même son conciliateur. Le groupe a d'ailleurs fait part, lors de l’audience, de sa volonté de céder Go Sport si une conciliation était ouverte.

Des procédures d’alerte économique avaient été lancées en octobre par les commissaires aux comptes et par le CSEC, inquiétés par le sort de Camaïeu, liquidé en septembre dernier et qui appartenait au même groupe. Les élus du CSEC ont également découvert que des remontées d'argent, pour un montant estimé à 36,3 millions d’euros, avaient été effectuées sur la trésorerie de Go Sport vers HPB.

En perte depuis des années, Go Sport, fondé en 1978 et basé à Sassenage dans l'Isère, avait été racheté fin 2021 pour un euro symbolique par HPB auprès de la maison mère du groupe de distribution alimentaire Casino, la société Rallye, elle-même lourdement endettée.

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