18/12/2022 13:01

Plus de trois ans après la première, la nouvelle saison de la série "Jeux d'influence" débarque sur la plateforme en ligne d'Arte avant une diffusion sur la chaîne franco-allemande les 5 et 12 janvier - VIDEO

Avec la deuxième saison de sa série "Jeux d'influence", le journaliste Jean-Xavier de Lestrade s'attaque à nouveau de manière très documentée aux lobbys de l'agroalimentaire et à la loi du silence "presque mafieuse" régnant selon lui dans le secteur. Plus de trois ans après la première, cette nouvelle salve de six épisodes de 52 minutes débarque sur la plateforme en ligne d'Arte avant une diffusion sur la chaîne franco-allemande les 5 et 12 janvier.

On y retrouve Claire Lansel (Alix Poisson) qui, redevenue journaliste après avoir travaillé pour un lobby de l'agrochimie, enquête sur une coopérative agricole impliquée dans un scandale sanitaire, associant céréales toxiques et lait contaminé. De son côté, Guillaume Delpierre (Laurent Stocker), après avoir défendu comme député un amendement contre les pesticides les plus dangereux, expérimente les limites de sa nouvelle fonction de ministre de l'Agriculture.

Dans la première saison, il y avait "une volonté de réhabiliter le travail de terrain des politiques", a expliqué Jean-Xavier de Lestrade à l'AFP en avril lors du festival Canneseries. Pour la seconde, c'est le travail d'enquête et "l'engagement" des journalistes qui est mis à l'honneur, au moment "où il y a de plus en plus de défiance vis-à-vis de la presse", a ajouté le documentariste oscarisé en 2002 pour "Un coupable idéal".

La méfiance et les pressions bravées dans la série par son héroïne rappellent ainsi celles subies en Bretagne par la reporter Inès Léraud, autrice de la BD "Algues vertes, l'histoire interdite", ou par sa consoeur Morgan Large, dont la voiture a été sabotée l'année dernière. "Il y a une omerta, un truc presque mafieux" autour de l'agrobusiness, estime Jean-Xavier de Lestrade. Après avoir fait écho au combat d'un agriculteur français contre la firme américaine Monsanto, rachetée par l'Allemand Bayer, la série s'inspire cette fois notamment, selon son créateur, de l'affaire Triskalia.

Cette coopérative bretonne a été condamnée aux prud'hommes pour le licenciement abusif de salariés intoxiqués par des pesticides dont ils avaient dénoncé l'utilisation sur des céréales. Le réalisateur de la série documentaire "Soupçons" - récemment adaptée par HBO avec "The Staircase" - envisage de rester "plutôt sur la fiction pour l'instant", pour "atteindre des gens différemment, et peut-être plus largement". Il travaille notamment sur une nouvelle série pour France 2, qui a déjà diffusé l'acclamée "Laëtitia", adaptée d'un fait divers.

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