11/10/2022 15:02

Une nouvelle campagne de recherches du corps d’Estelle Mouzin, disparue en janvier 2003, se déroule à Issancourt-et-Rumel dans les Ardennes - VIDEO

Une nouvelle campagne de recherches du corps d’Estelle Mouzin, victime présumée du tueur en série Michel Fourniret en 2003, a commencé lundi à Issancourt-et-Rumel (Ardennes), a-t-on appris auprès de l’avocat de la famille, Me Didier Seban, et d’une source à la gendarmerie, confirmant une information de L’Ardennais.

L’opération a démarré en début d’après-midi, après l’arrivée sur place de l’ex-épouse du tueur en série, Monique Olivier, extraite de la prison de Fleury-Mérogis. Cette première journée s’est achevée aux alentours de 19H00. Les recherches doivent reprendre mardi matin.

« Nous sommes sur le terrain avec Monique Olivier, on le parcourt, nous essayons de raviver ses souvenirs » afin « de trouver un détail qui nous permette d’identifier l’endroit où Michel Fourniret a enterré Estelle », a raconté en fin de journée l’avocat de la famille de la fillette, Me Didier Seban.

Il avait dit à son arrivée espérer que ces nouvelles recherches, les dixièmes pour retrouver le corps de l’enfant menées dans les Ardennes depuis juin 2020, seraient « cette fois les bonnes pour donner des réponses à la famille ». « Vingt ans plus tard, est-ce que la probabilité de retrouver le corps d’Estelle Mouzin existe ou pas ? On peut retrouver des traces du corps, je pense. Mais retrouver le corps complètement, ça me paraît difficile », a pour sa part déclaré Richard Delgenes, l’avocat de Monique Olivier.

La juge d’instruction Sabine Kheris, à la tête du nouveau pôle national dédié aux « cold cases » au sein du tribunal de Nanterre, et qui suivait déjà le dossier Mouzin depuis plusieurs années, est arrivée sur place peu après 11H30. Selon une source proche du dossier, une technique « inédite » doit être utilisée dans le village ardennais. Les enquêteurs doivent mener des « sondages » dans les bois s’appuyant sur une « cartographie des sols » préalablement réalisée pour déterminer « s’il y a eu intervention humaine ».

La mairie a interdit jusqu’au 12 octobre la circulation et le stationnement sur la rue menant au bois où se sont concentrées les dernières recherches. L’accès était barré par les gendarmes, a constaté l’AFP. Le bois d’Issancourt-et-Rumel, village de 400 habitants, avait déjà été exploré sur la base d’indications livrées par Monique Olivier, notamment en septembre et novembre 2021.

Condamné à la perpétuité incompressible pour les meurtres de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, Michel Fourniret --mort à Paris le 10 mai 2021 à 79 ans-- avait fini par avouer en mars 2020 à la juge Kheris sa responsabilité dans la disparition de l’enfant. Estelle Mouzin avait disparu à l’âge de neuf ans à Guermantes (Seine-et-Marne), à son retour de l’école le 9 janvier 2003.

L’enquête est longtemps allée d’impasses en culs-de-sac, malgré la détermination du père de la fillette, Éric Mouzin, à retrouver sa trace. Ce dernier n’est pas attendu à Issancourt-et-Rumel pour la nouvelle opération, a précisé Me Seban. Succédant dans cette affaire à sept autres magistrats, la juge Kheris avait aussi réussi à faire avouer à Monique Olivier qu’elle avait accompagné son ex-mari le 11 janvier 2003 à Issancourt-et-Rumel pour qu’il enfouisse le corps.

Le site se situe à proximité de Ville-sur-Lume, où, toujours selon Monique Olivier, Fourniret a séquestré, violé et tué Estelle dans une maison appartenant à sa soeur. L’ADN partiel de l’enfant a été retrouvé sur un matelas saisi en 2003 dans cette maison.

 

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