25/04/2022 15:40

Le régulateur de la presse britannique indique avoir reçu de nombreuses plaintes après un article d'un tabloïd relayant des attaques misogynes contre la députée de l'opposition Angela Rayner

Un article d'un tabloïd britannique relayant des attaques misogynes contre la députée de l'opposition Angela Rayner continuait de faire des vagues au lendemain de sa publication, le régulateur de la presse indiquant lundi avoir reçu de nombreuses plaintes. "Nous recevons actuellement un grand nombre de plaintes à propos d'un article du Mail on Sunday concernant la cheffe adjointe du parti travailliste Angela Rayner. Nous les traitons selon nos procédures habituelles", a indiqué dans un court communiqué le régulateur, Ipso (Independent Press Standards Organisation).

Dans un article paru dimanche, le Mail on Sunday écrit que des députés conservateurs comparent Angela Rayner, cheffe adjointe du Parti travailliste, à Sharon Stone dans le film "Basic instinct", affirmant qu'elle aime détourner l'attention du Premier ministre en croisant et en décroisant les jambes lors des questions au chef du gouvernement au Parlement. Le journal cite des députés sous couvert d'anonymat, l'un d'eux affirmant qu'Angela Rayner "ne peut pas rivaliser" avec les talents d'orateur de Boris Johnson "mais (qu') elle a d'autres compétences qui lui manquent".

L'article décrit aussi Mme Rayner, 41 ans, comme "une grand-mère socialiste qui a quitté l'école à 16 ans alors qu'elle était enceinte et sans qualifications avant de devenir une travailleuse sociale", par opposition à Boris Johnson, 57 ans, qui a fréquenté le collège très élitiste d'Eton avant d'étudier à la prestigieuse université d'Oxford. Angela Rayner a dénoncé sur Twitter du "journalisme de caniveau", et souligné qu' "en politique, les femmes affrontent du sexisme et de la misogynie quotidiennement".

Cet article a suscité des réactions indignées de tous bords politiques, le Premier ministre Boris Johnson déplorant dimanche "la misogynie dirigée anonymement contre elle". Son porte-parole a indiqué lundi que le chef du gouvernement avait contacté directement Mme Rayner pour lui témoigner son soutien. "Il n'y a pas de place pour la misogynie au parlement. Ces commentaires sont inacceptables", a affirmé ce porte-parole.

A la question de savoir si les propos visant Mme Rayner s'intégraient dans une culture misogyne plus large au parlement, Boris Johnson a déclaré que "c'est difficile à dire sur la base de cette histoire particulière." "Mais je dois dire que j'ai pensé que c'était des foutaises sexistes et misogynes des plus consternantes", a-t-il déclaré à des journalistes. Il a averti qu'il y aurait des représailles si les auteurs des commentaires sexistes étaient identifiés, les jugeant "totalement intolérables".

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