
La prison d'Arles n'avait observé "aucun signal objectif de dégradation" du comportement de l'agresseur d'Yvan Colonna, un détenu au "parcours chaotique" mais qui avait connu une "évolution positive" depuis quelques années, a expliqué le directeur de l'administration pénitentiaire. "Le risque qui était perçu" par rapport à Franck Elong Abé, qui purgeait une peine pour terrorisme dans cette prison, concernait "plus les conditions de sa sortie", prévue en 2023, que "celui de la poursuite de la détention en Arles" (Bouches-du-Rhône), a affirmé Laurent Ridel, lors d'une audition devant la commission des lois de l'Assemblée nationale.
Arrêté par l'armée américaine en Afghanistan, cet homme de 36 ans a violemment agressé le 2 mars Yvan Colonna, incarcéré depuis 2012 dans cette centrale, où il purgeait une peine de prison à perpétuité pour sa participation à l'assassinat du préfet Erignac en 1998 à Ajaccio.
Franck Elong Abé a été mis en examen le 6 mars pour tentative d'assassinat terroriste. Une enquête administrative de l'inspection générale de la justice est également en cours. Yvan Colonna est plongé dans le coma, son pronostic vital engagé. L'agresseur a connu "un parcours très chaotique en début d’incarcération", marqué par plusieurs transferts, des violences envers son entourage "mais surtout (...) un nombre important de tentatives de suicide", a détaillé Laurent Ridel.
A son arrivée à la maison centrale d'Arles, à l'automne 2019, il est placé à l'isolement pendant six mois et "son comportement va nettement changer", entraînant son passage dans une structure intermédiaire pendant neuf mois puis en détention classique en avril 2020.
Il restait perçu par l'administration pénitentiaire comme "une personne qui n’était pas d’une stabilité totale au point de vue psychologique", mais il n'y avait eu "aucun signal objectif de dégradation" de son comportement récemment, a assuré Laurent Ridel.
Les informations recueillies par les surveillants sur Elong Abé et Colonna, tous deux classés comme "détenus particulièrement signalés" (DPS), faisaient état de "rencontres épisodiques assez régulières", "ils pratiquaient parfois le sport ensemble", mais "pas d’anicroche, de dispute ou de conflit", a affirmé le directeur.
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Étrange de faire cette « déclaration», au moment où un marchand de tapis a été dépêché en Corse.
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