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Trois grandes organisations de défense de la liberté de la presse, dont RSF, annoncent la création d'un "tribunal" chargé d'enquêter sur des meurtres de journalistes et de demander des comptes aux gouvernements jugés responsables de ces crimes

Trois grandes organisations de défense de la liberté de la presse, dont RSF, ont annoncé la création d'un "tribunal" chargé d'enquêter sur des meurtres de journalistes et de demander des comptes aux gouvernements jugés responsables de ces crimes. Il s'agit avant tout de dénoncer la violence en hausse contre cette profession dans le monde entier: depuis 1992, plus de 1.400 journalistes ont été tués, et dans huit cas sur dix où un journaliste est assassiné, les meurtriers ne sont pas appréhendés, souligne Reporters sans Frontières (RSF), dans un communiqué. Outre RSF, basé à Paris, Free Press Unlimited (FPU), basé à Amsterdam, et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York, participent à la création de ce "tribunal d'opinion".

Ce "tribunal du peuple" est une sorte d'assemblée délibérative où des personnalités dénoncent sous une forme juridique des actes qu'elles jugent répréhensibles, en particulier par rapport au droit international. Les sentences prononcées ne peuvent pas prendre effet mais les avis émis sont remis aux autorités concernées. L'objectif, c'est de faire en sorte que les Etats responsables des violations du droit international assument leurs responsabilités, en sensibilisant le public et en regroupant des preuves juridiquement recevables. Composé de juristes internationaux de premier plan, le "tribunal" s'appuiera sur des enquêtes et des analyses juridiques pointues portant sur trois cas spécifiques: l'assassinat en 2009 du rédacteur en chef du journal "The Sunday Leader" Lasantha Wickrematunge au Sri Lanka, celui du journaliste mexicain Miguel Ángel López Velasco en 2011 et celui du Syrien Nabil Al-Sharbaji en 2015.

"Le tribunal du peuple mettra en accusation les gouvernements du Sri Lanka, du Mexique et de Syrie pour ne pas avoir rendu justice dans les (trois, ndlr) affaires de meurtres", écrit RSF. La première audience se tiendra le 2 novembre à La Haye. Une célèbre avocate des droits de l'Homme, l'Espagnole Almudena Bernabeu, dirigera l'accusation pendant la première audience. Parmi les témoins clés qui livreront leurs témoignages figureront Hatice Cengiz, universitaire et fiancée du journaliste saoudien Jamal Khashoggi assassiné en 2018, Matthew Caruana Galizia, journaliste et fils de la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia assassinée en 2017, et Pavla Holcová, journaliste d'investigation et collègue du journaliste slovaque Ján Kuciak assassiné en 2018.

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