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Turquie: Un tribunal ordonne la remise en liberté conditionnelle d’un journaliste turc de la radio-télévision publique allemande Deutsche Welle incarcéré depuis février pour "insulte au président"

Un tribunal d’Ankara a ordonné jeudi la remise en liberté conditionnelle d’un journaliste turc de la radio-télévision publique allemande Deutsche Welle (DW) incarcéré depuis février pour « insulte au président », a annoncé son employeur.

Alican Uludag, qui comparaissait jeudi par visioconférence depuis la cellule de sa prison stambouliote au premier jour de son procès, est également poursuivi pour « diffusion publique de fausses informations » et « dénigrement public des institutions judiciaires ».

Les autorités allemandes et plusieurs ONG de défense des droits humains avaient dénoncé son arrestation fin février et demandé sa libération immédiate, jugeant infondées les poursuites à son égard.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été poursuivies ces dernières années en Turquie pour l’accusation d’« insulte au président », souvent en raison de publications sur les réseaux sociaux.

« Je suis un journaliste qu’on réduit au silence », a déclaré jeudi M. Uludag, affirmant n’avoir fait que « critiquer les relations entre le pouvoir judiciaire et le politique », selon ses propos rapportés par DW.

Le procès du reporter, poursuivi pour 22 publications sur les réseaux sociaux, doit reprendre le 18 septembre, selon DW.

« Je suis extrêmement soulagée que notre collègue Alican Uludag soit enfin libéré (...) et puisse retrouver sa famille à Ankara », a réagi dans un communiqué Barbara Massing, la directrice générale de la Deutsche Welle, en demandant « l’abandon immédiat des charges » pesant contre le reporter.

« Son arrestation montre comment les voix critiques de Turquie sont délibérément intimidées et réduites au silence », a-t-elle souligné.

La Turquie se classe au 163e rang sur 180 pays dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse de l’ONG Reporters sans frontières (RSF), entre l’Irak et le Yémen.

« Tous les journalistes (...) criminalisés et privés de liberté uniquement en raison de leur travail journalistique doivent être immédiatement libérés », avait exhorté Ruhat Sena Aksener, directrice de l’ONG Amnesty International pour la Turquie, avant l’ouverture du procès.

 

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