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Meurtre d'Arthur Noyer - Deuxième jour du procès de Nordahl Lelandais devant la cour d'assises de la Savoie - La cour d'assises a entendu aujourd'hui d'anciennes compagnes - VIDEO

15h58: Nordahl Lelandais évoque les faits survenus dans la nuit du 11 au 12 avril 2017. « Ce soir, j’étais sur Chambéry, au moment de repartir et rentrer chez moi j’ai vu un jeune homme, Arthur Noyer, qui me faisait signe de m’arrêter », explique-t-il. Et d’ajouter : « Il a ouvert ma portière et m’a demandé de le déposer à Saint Baldoph. Ça ne me faisait pas faire de détours. Sur le chemin, on a évoqué cette histoire de téléphone volé en boîte de nuit. Dans la voiture il était énervé. Je me suis arrêté ».
« Une fois arrivés devant une salle des fêtes je l’ai déposé. Quand il est sorti du véhicule son téléphone était resté sur le siège passager. Je suis descendu pour lui rendre. Il a cru que c’était moi qui lui avais volé. J’ai pas eu le temps de finir ma phrase qu’il m’a mis un coup de poing. Une bagarre commence avec plusieurs échanges de coup. A un moment donné il tombe en arrière. Sur le moment je ne réagis pas vraiment. », s’est-il souvenu. « Je m’avance vers lui je constate qu’il ne bouge plus. Qu’il n’y a plus de mouvement. (…) Sur le moment je ne comprends pas ce qu’il se passe. Je décide de faire un massage cardiaque. Il n’y a toujours aucune réaction », continue-t-il en déclarant "Désolée Arthur. Désolée pour ta famille. Mais je dis la vérité". 

15h26: L’audience reprend cet après-midi avec le témoignage d’une autre ex-compagne de Nordahl Lelandais."Une fois, il a filmé nos ébats. Je n’étais pas trop d’accord mais j’ai laissé faire. Je lui ai demandé pour quoi c’était. Il m’a répondu qu’il voulait les regarder après", a déclaré Elena.

14h00: Le point sur ce qu'il faut retenir

« Il cherchait à me tuer »: Un témoignage d’une matinée d’auditions consacrée aux ex-compagnes de Nordahl Lelandais a fait sensation mardi devant la cour d’assises, à Chambéry, mais a été mis à mal par la défense et même l’accusation. Connue dans la presse pour ses déclarations sous le pseudonyme de « Karine », la jeune femme de 41 ans a décrit à la cour un « agresseur » tout en admettant avoir eu « des sentiments », au deuxième jour du procès intenté à son ancien compagnon pour le meurtre d’Arthur Noyer en avril 2017.

« On a eu une relation très sérieuse » pendant un an et sept mois«  mais avec des infidélités et des interruptions, a-t-elle dit. Puis, perdant ses mots au milieu de ses larmes, elle a affirmé être  »terrorisée«  par lui. Nordahl Lelandais est  »menteur, menteur, menteur. Et quand il ment, parfois, il n’y a aucune logique« . Elle le décrit aussi comme  »très très possessif, très collant, très jaloux.« 

 »Karine«  a indiqué avoir porté plainte à deux reprises contre l’accusé, assurant qu’une procédure était toujours en cours pour des faits de harcèlement.

Mais l’avocate générale elle-même a indiqué que ses plaintes avaient été classées sans suite. La femme au manteau blanc a assuré l’apprendre à la barre. Le président l’interroge:  »Est-ce une vengeance? Est-ce que vous avez été influencée par tout ce que vous avez entendu dans les médias?«  Elle répond:  »J’ai déposé plainte contre lui avant la mort de Maëlys De Araujo. Ce que je raconte est vrai.« 

Plus tôt, le témoin avait raconté qu’au moment de leur rencontre l’accusé lui avait dit qu’ »il était champion de France de boxe thaï et son père médecin« .  »Des mensonges grotesques« . Elle raconte aussi, lors du délitement de leur relation fin 2016, début 2017, avoir tenté de prévenir une autre femme, avec laquelle flirtait l’accusé, qu’elle aurait affaire à un homme dangereux et  »mythomane« .

L’avocat de l’accusé Alain Jakubowicz lui demande si Nordahl Lelandais a eu  »un mot, un geste, un acte qui ait été violent à (son) égard« .  »Il avait le visage froid et fermé« , lance-t-elle comme unique réponse. La matinée s’était ouverte, avec moins de passion, par le témoignage d’une femme qui, de 17 à 20 ans - entre 2012 et 2015 -, a régulièrement retrouvé Nordahl Lelandais dans sa voiture pour faire l’amour.

 »On se voyait. On savait ce qu’on avait à faire, et à la prochaine fois quoi« , a-t-elle raconté, laconiquement, devant la cour.

Une autre, qui a vécu deux mois avec lui, raconte une  »rupture dure et violente«  avec Nordahl Lelandais.  »On était sur la même longueur d’ondes« , dit-elle, reconnaissant une activité sexuelle intense et toujours consentie. En quelques mois, elle note l’arrivée de la jalousie, parfois de la frustration, avant qu’il ne la menace avec rage lors de la rupture.

Le dernier témoin de la matinée, un homme d’une trentaine d’années, a raconté les quelques rapports sexuels qu’il a eu avec l’accusé à partir d’octobre 2016 et qui étaient, à sa connaissance, les premières relations homosexuelles de Nordahl Lelandais. Lors de leur première rencontre, le témoin en tenue de latex a été transporté dans le coffre de la voiture de Lelandais avant des relations sexuelles avec godemichés et menottes au bord d’un lac de la région de Chambéry. Gêné à la barre, il affirme ne pas s’être  »senti en danger«  avant de se dire tout haut:  »j’aurais très bien pu finir comme le caporal Noyer".

13h45: L’audience est suspendue pour une pause à la mi-journée. Elle reprendra à 15h.

11h30: En cette matinée, une troisième femme a témoigné concernant la relation qu’elle a eue avec Nordahl Lelandais. "Il a aussi été mon agresseur. Après la rupture, il a cherché à me tuer. J’ai déposé plainte contre lui deux fois", a-t-elle déclaré.

11h05: Une autre ex-compagne de Nordahl Lelandais a témoigné en évoquant son comportement violent.

09h50: "C'est quelqu'un d'assez nerveux qui pouvait se mettre très vite en colère", a déclaré une ancienne compagne de Nordahl Lelandais

09h30: L'audience a débuté pour ce deuxième jour il y a quelques minutes. La cour d'assises entendra aujourd'hui d'anciennes compagnes de Nordahl Lelandais. Au cours de l'après-midi, le directeur d'enquête sera à la barre.

09h22: Cette longue première journée d'audience s'est achevée vers 20h45 avec l'étude de son casier judiciaire, et notamment «une querelle d’automobilistes» en février 2017, pour laquelle l'accusé a été condamné en juin 2017. Interrogé par l'avocate générale sur le moment où les gendarmes sont venus l'interroger sur ces faits mineurs, quelques semaines après la disparition d'Arthur Noyer, Nordahl Lelandais a reconnu avoir «eu peur».

Mardi, l'accusé sera interrogé sur les faits qui l'ont vu, dans la nuit du 11 au 12 avril 2017, prendre en stop ce chasseur alpin de 23 ans, avant sa disparition. Lundi matin, la défense a obtenu une première victoire auprès des magistrats, avec l'annulation d'une expertise psychiatrique dont l'un des auteurs avait participé à une émission de télévision avant le procès. Le verdict est attendu autour du 12 mai.

09h03: La première journée du procès de Nordahl Lelandais à Chambéry s'est achevée lundi soir sur les mots de l'accusé assurant à sa mère qu'il dirait la vérité sur la mort d'Arthur Noyer, pour laquelle il réfute toute volonté de tuer, comme dans l'affaire de la petite Maëlys. «Je te demande, Nordahl, de dire la vérité, toute la vérité, pour les parents d'Arthur, pour tout le monde», a exhorté en fin de journée la mère de l'accusé, poussée par l'avocat des parties civiles Bernard Boulloud.

«Bien sûr maman, je vais le faire», a-t-il répondu avec tendresse, précisant que sa mère n’était «pour rien» dans ce qui lui était reproché. «On en a déjà beaucoup parlé; je sais que c’est très dur pour toi». Puis il s’est tourné pour la première fois vers les proches d’Arthur Noyer. «Je demande pardon. L’épreuve qu’ils doivent vivre doit être terrible.»

La famille de la victime l’a écouté calmement, en le regardant dans les yeux, avec à ses pieds un grand portrait de la victime, âgée de 23 ans au moment de sa mort en 2017. «Tu avais un droit Arthur, un droit essentiel: celui de vivre», avait théâtralement glissé au début des débats Me Boulloud en direction de ce portrait. Se tournant vers l'accusé, il avait alors ajouté: «Il avait le droit de vivre, Monsieur Lelandais». Dans le box, l'accusé acquiesçait d'un signe de tête.

A la mi-journée, Nordahl Lelandais avait dit: «Oui j'ai donné la mort à Arthur Noyer, mais je n'ai jamais voulu lui donner la mort». L'ancien maître-chien de 38 ans a soutenu la ligne de défense adoptée en mars 2018, lorsqu'il avait finalement reconnu devant les juges avoir «été très violent» avec le caporal Noyer. Depuis, il s'en tient au récit d'une bagarre qui a mal tourné.



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