21/03 11:16

Le gouvernement cubain annonce avoir empêché l'entrée sur son territoire d'une journaliste cubaine en raison de ses "liens étroits" avec des figures de l'opposition

Le gouvernement cubain affirme avoir empêché l'entrée sur son territoire d'une journaliste cubaine en raison de ses "liens étroits" avec des figures de l'opposition. Karla Suarez, 22 ans, étudiait le journalisme depuis 2017 au Costa Rica, d'où elle travaillait aussi pour le média en ligne indépendant ADN Cuba. Elle s'apprêtait à rentrer dans son pays jeudi, après la fin de ses études et l'expiration de son visa, mais lors de son escale au Panama, la compagnie l'a informée que les services d'immigration cubains refusaient qu'elle embarque sur le vol. Elle a dû rentrer dans la nuit de jeudi à vendredi au Costa Rica, où elle a demandé l'asile.

"Ses liens étroits avec son mentor Eliecer Avila (opposant cubain installé à Miami, ndlr) sont connus", a expliqué vendredi lors d'une conférence de presse Yaira Jiménez, directrice de communication du ministère des Affaires étrangère

s. Karla Suarez, qui avait commencé ses études de journalisme à l'université de la province de Villa Clara (centre), en avait été expulsée en raison selon elle de sa participation à un blog critique envers le gouvernement.

"Nous avons le même droit à nous défendre que n'importe quel autre pays", a affirmé Mme Jiménez, assurant que le média ADN est financé de l'étranger pour mener "des campagnes systématiques de provocation comme stratégie de subversion à Cuba".

Elle a aussi accusé l'ONG Human Rights Watch (HRW) d'être "connue pour ses actes de subversion contre notre peuple". José Miguel Vivanco, directeur de cette ONG basée à Washington, a condamné jeudi les faits comme un "abus gravissime", soulignant sur Twitter que "rentrer dans son pays est un droit humain".

"Bien sûr que je veux rentrer à Cuba, mais je suis réaliste et je ne crois pas que j'en aurai l'opportunité", a confié à l'AFP Karla Suarez vendredi matin en arrivant à San José.

Le gouvernement communiste voit d'un mauvais oeil les médias indépendants qui se sont lancés ces dernières années à Cuba, les accusant d'être financés par des groupes étrangers pour déstabiliser le pays.

De leur côté, les journalistes indépendants dénoncent régulièrement via les réseaux sociaux un harcèlement par les autorités, qui souvent les empêchent de sortir de chez eux ou les arrêtent pour quelques heures. lp/ka/ode

Ailleurs sur le web

Vos réactions