10/03 12:01

Le mouvement d'"occupation" des théâtres pour réclamer la réouverture des lieux culturels commence à prendre de l'ampleur avec une mobilisation dans trois théâtres nationaux

Le mouvement d'"occupation" des théâtres pour réclamer la réouverture des lieux culturels, fermés depuis fin octobre pour cause de pandémie, commence à prendre de l'ampleur, avec une mobilisation dans trois théâtres nationaux. Jeudi a commencé l'occupation du Théâtre de l'Odéon à Paris, un mouvement qui se poursuit et a été suivi mardi par une mobilisation au Théâtre de la Colline, dans l'est parisien, au Théâtre national de Strasbourg (TNS). Il s'agit de trois des quatre théâtres nationaux (hors opéra et danse), le quatrième étant la Comédie-Française.

"Pour nous, il s'agit d'un mouvement national. On a des retours des syndicats en région et ça commence à bouger, ils s'organisent", a affirmé à l'AFP Karine Huet, secrétaire générale adjointe du SNAM-CGT (Union Nationale des Syndicats d'Artistes Musiciens de France), qui fait partie des quelque 50 personnes qui se trouvaient à l'intérieur de l'Odéon mardi soir. Le mouvement a reçu le soutien du député LFI François Ruffin qui a fait le déplacement mardi à l'Odéon.

La ministre de la Culture s'était rendue samedi à l'Odéon et a promis de poursuivre les échanges, mais mardi, la CGT Spectacle a affirmé qu'elle poursuivait le mouvement. "Occupons! Occupons! Occupons", a-t-elle appelé dans un communiqué où elle précise que cette mobilisation s'inscrit "dans le sillage de l’occupation des ronds-points", en référence au mouvement des "Gilets jaunes".

Dans le même temps, quelques dizaines d'étudiants d'art dramatique sont entrés au Théâtre de la Colline, à Paris, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Ouverture essentielle", "vie sans culture, droit dans le mur", "Bachelot si t'ouvres pas, on vient jouer chez toi". "Plusieurs dizaines d'étudiants manifestent à l'extérieur tandis que 30 étudiants ont été autorisés à entrer au théâtre", dirigé par le metteur en scène et dramaturge Wajdi Mouawad, qui se trouvait en répétition, a indiqué une source du théâtre à l'AFP.

Selon la source, il s'agit d'étudiants du Conservatoire national Supérieur d'Art Dramatique (CNSAD), de l'Ecole supérieure d'art dramatique (Esad) et de l'Ecole du studio théâtre d'Asnières, un conservatoire à rayonnement régional de Paris.

Se sont également associés au mouvement 51 élèves en scénographie-costumes, jeu, mise en scène, dramaturgie et régie-création, qui ont décidé de s'installer 24h sur 24h dans les locaux du Théâtre National de Strasbourg, "jusqu'à une réponse concrète de l'Etat".

Il s'agit pour eux d'un "acte de mobilisation (qui) a pour objectif d'interpeller les pouvoirs publics sur la gravité de nos situations et d’améliorer les droits des intermittent.e.s touché.e.s par la crise sanitaire", ont-ils affirmé dans un communiqué. Ils ont également appelé "toutes les écoles nationales supérieures d’art dramatique de France et conservatoires à se joindre" au mouvement.

Ailleurs sur le web

Vos réactions

Portrait de bibilababiole
10/mars/2021 - 23h33
l'ecume des choses a écrit :

pour info, le poids de la culture dans le PIB est plus important que celui de l'industrie automobile ...

et il faut oser comparer la vente à emporter avec le spectacle à emporter !!! mais vous l'avez fait...

pour info ce secteur représente plus de 400 000 personnes ...

Je pense que vous n'avez pas compris mon propos ou tout du moins, j'ai dû mal m'exprimer. Et pour info, je travaille dans le secteur de la culture. Donc j'en connais très bien le rôle et l'importance économique. La comparaison n'était sans doute pas flatteuse : elle suggérait juste que chaque secteur doit s'adapter. Elle aurait du le faire surtout depuis longtemps.

Portrait de bibilababiole
10/mars/2021 - 14h57

Je ne connais pas le niveau de précarité des intermittents lié à cette crise, quel est le montant des aides qu'ils reçoivent et je ne vais donc pas juger de l'urgence du secteur. Par contre, j'ai toujours du mal avec "la culture"  pour l'être humain est aussi essentielle que de pouvoir se nourrir, payer son loyer. Dans cette problématique, je me place du côté du "consommateur", pas de l'artiste ( comme dit en préambule, c'est un autre problème). A titre personnel, aller au théâtre et dans les musées, cela fait partie habituellement de ma vie. A la rentrée dernière, j'ai pré-acheté  une quinzaine de spectacles dans le programme du théâtre de ma ville : aucun n'a été joué. Je n'en ai pas souffert car j'ai des livres chez moi, des docs et des spectacles à la TV, Culturebox qui vient en plus d'arriver… en gros, mon "besoin" de culture peut-être assouvi, même si cela ne remplace pas totalement le plaisir du spectacle vivant. mais cela permet de patienter. Plutôt que d'occuper les théâtres, il serait tellement plus pertinent de mettre en place une plateforme de diffusion solidaire ( selon un modèle approchant de leetchi) sur laquelle on pourrait soutenir ce secteur en payant pour regarder un spectacle. ( ou via un abonnement mensuel). Qu'est-ce qui empêche aujourd'hui que les théâtres montent et captent des spectacles, même s'il n'y a pas de public ? Il y a bien des restaurateurs qui se sont adaptés et on fait de la vente à emporter… faisons du "spectacle à emporter"…

Portrait de Marine70
10/mars/2021 - 13h23 - depuis l'application mobile
lemurdhadrien a écrit :

Génération Identitaire a été dissoute pour des faits exactement identiques ! La CGT sera-t-elle a son tour dissoute ???

@lemurdhadrien
pas mieux !!!