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"Profondément meurtris" par l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty, une centaine de journalistes qui interviennent bénévolement dans les salles de classe réclament "des moyens" pour l'éducation aux médias

"Profondément meurtris" par l'assassinat en octobre de l'enseignant Samuel Paty, une centaine de journalistes qui interviennent bénévolement dans les salles de classe réclament "des moyens" et "une vraie place à l'école" pour l'éducation aux médias, dans une tribune dans Le Monde. "Il faut sanctuariser l'éducation aux médias" et à l'information (EMI), plaident ces 125 journalistes de l'AFP et du groupe Le Monde, tous bénévoles de l'association Entre les lignes, mobilisée depuis 10 ans pour susciter l'esprit critique des collégiens et lycéens et les sensibiliser aux sources, aux fausses informations et à la liberté d'expression.

L'EMI fait "aujourd'hui partie des programmes mais aucune heure n'y est spécifiquement consacrée", un "point fondamental si on souhaite que tous les élèves en bénéficient", expliquent les signataires de la tribune, publiée près d'un mois après le meurtre de Samuel Paty, décapité pour avoir montré des caricatures du prophète Mahomet à ses élèves. A l'heure où les adolescents sont "confrontés quotidiennement à la violence et à l'intolérance de propos largement diffusés sur les réseaux sociaux", le "ministère de l'Education nationale se doit de renforcer la formation des enseignants", souvent "démunis", et de "soutenir plus fortement les initiatives sur le sujet", ajoute le collectif. "Il faut également permettre à l'EMI de rester indépendante, au moment où les financements des GAFA, et notamment Google et Facebook, gagnent le secteur", et "permettre à tous les journalistes qui souhaitent s'investir de le faire", estiment les bénévoles.

Eux se disent "prêts à faire plus, à accueillir et former des journalistes d'autres rédactions", à "démultiplier" leur offre de formation "aux enseignants, aux éducateurs, aux bibliothécaires" voire "aux parents d'élèves". Mais pour cela, ils ont "besoin", comme les enseignants et "les nombreuses associations" oeuvrant "sur le terrain", de "plus de moyens", de "soutiens matériels, financiers et humains", insistent-ils. Forte d'un réseau de près de 200 journalistes, Entre les lignes réalise chaque année "près de 300 interventions à travers toute la France" auprès de "5.000 élèves, enseignants et bibliothécaires", ce qui est "bien peu au regard du nombre de demandes" reçues, d'après les signataires de la tribune.

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