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Procès Charlie Hebdo: "Les blessures n'ont pas cicatrisé", confie l'urgentiste et ancien chroniqueur de l'hebdomadaire Patrick Pelloux

Cinq ans après l'attaque jihadiste contre Charlie Hebdo, les "blessures" physiques et psychologiques n'ont toujours pas "cicatrisé", a assuré mercredi le médecin urgentiste Patrick Pelloux, ancien chroniqueur de l'hebdomadaire, lors du procès des attentats de janvier 2015. "Les blessures n'ont pas cicatrisé, tous autant qu'on est", a raconté l'urgentiste de 57 ans devant la cour d'assises spéciale de Paris, disant vouloir témoigner de la "souffrance" des rescapés et proches de victimes. Pour eux, "c'est un désespoir quotidien", a-t-il ajouté. Chroniqueur pour Charlie Hebdo depuis 2004, Patrick Pelloux participait à une réunion avec des pompiers près des locaux de "Charlie" lorsque les frères Kouachi ont déclenché l'attaque. Il est arrivé quelques minutes seulement après le drame, appelé par un survivant. Interrogé par la cour, il décrit une scène "apocalyptique".

"Je suis médecin et urgentiste depuis très longtemps, j'ai fait mon service militaire chez les pompiers de Paris... Mais une scène comme ça, je n'en avais jamais vu, c'était un carnage", raconte-t-il. A cet instant, "j'ai senti comme une fracture à l'intérieur de moi. Il y avait ces blessés à aider, il y avait ma désespérance de voir Charb dans cet état, devoir mettre des pansements sur des blessés, des garrots", complète-t-il, le voix nouée par l'émotion. Une violence dont il avoue avoir encore du mal, cinq ans après, à comprendre la logique. Charlie, "c'était un paradis de culture, de mélange d'idées, même si ça s'engueulait. C'était des gens de paix, pas des gens de guerre, qui prônaient des idées altruistes", insiste-t-il. L'ancien chroniqueur, resté très proche de Charlie, a longuement rendu hommage aux disparus, jugeant nécessaire que le "combat" de l'hebdomadaire satirique se poursuive, pour la "liberté d'expression", pour la "laïcité" et contre le "fanatisme religieux".

"Personne n'empêche de croire. Mais qu'on ne nous empêche pas de penser, qu'on ne nous empêche pas de créer", a-t-il martelé, se disant très inquiet de la "montée de l'islamisme", notamment dans "le monde de la santé". "Je suis convaincu que c'est un fascisme rampant. Et ce fascisme islamiste, 80% de ses victimes sont des musulmans", a-t-il conclu.

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