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Les syndicats et la direction de France Télé annoncent le maintien de la suppression de 900 postes mais une concertation renforcée

Une semaine après le rejet d'un premier accord d'entreprise, les syndicats et la direction de France Télévisions ont annoncé un nouveau compromis qui maintient la suppression de 900 postes mais prévoit une concertation renforcée.

Ce nouvel "accord cadre" projette notamment de négocier "projet par projet" le niveau de l'emploi, a souligné la CGT dans un communiqué. L'accord a aussi été signé par la CFDT et FO, soit 85% de salariés représentés.

La CGT et le SNJ avaient rompu les négociations, refusant de signer le projet de rupture conventionnelle collective (RCC) proposé par la direction.

La présidente du groupe Delphine Ernotte s'est engagée personnellement pour que l'accord soit signé avant le Conseil d'administration prévu vendredi, explique une source proche du dossier.

Après une dizaine de jours, la direction est ainsi revenue lundi devant les salariés avec cette nouvelle mouture. L'accord maintient les objectifs de suppressions de poste dans ce groupe qui veut rajeunir ses équipes et développer son offre numérique, et à qui le gouvernement a demandé un effort d'économies qui avoisinera les 400 millions d'euros d'ici 2022.

Les objectifs chiffrés restent les mêmes, et les syndicats continuent de les contester: le maximum de départs possible dans ce dispositif reste fixé à 2.000 d'ici 2022, sur une base volontaire, avec 1.100 recrutements en CDI, pour ce groupe qui comptait environ 9.600 salariés fin 2018. Mais la méthode a changé.

"Nous savons tous fort bien qu'il n'y a malheureusement pas le choix", reconnaît FO dans un communiqué. "Ces réductions ne sont effectivement que les conséquences de la coupe budgétaire annoncée l'été dernier par le Premier ministre. Avec ou sans accord, elles auraient eu lieu.

Ce qui compte est de savoir COMMENT cette évolution inévitable va être mise en oeuvre". Pour la CGT, le nouvel accord "ouvre un nouveau chapitre dans la vie sociale de l'entreprise, beaucoup plus équilibré que ce qu'avait initialement concocté la DRH (...) La logique de la RCC qui prétendait ouvrir un corridor aveugle permettant à la direction de gérer unilatéralement la question de l'emploi pour les 4 années à venir est totalement abandonnée".

Le nouvel accord précise donc que les départs feront l'objet d'une concertation "projet par projet", dans le cadre d'une GPEC (gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences). Les postes laissés vacants seront placés en réserve et "redéployés en fonction des besoins de développement" du groupe. Et 50% des recrutements en CDI viseront "en priorité" des salariés précaires du groupe.

Les syndicats avaient déjà négocié la révision à la baisse des suppressions de postes (passées de 1.000 à 900) et une prime annuelle pour les salariés qui restent. La direction de France Télévisions s'est félicitée de cet accord qui "prévoit un haut niveau de dialogue social" et affirme "l'ambition de développement et de qualité" des offres du groupe.

"C'est une méthode pragmatique qui l'a emporté" et qui permettra de faire évoluer les métiers "plus vite", souligne une source proche de la direction. "Le problème avec la RCC, c'est qu'elle dépossédait les organisations syndicales de la négociation.

Elles ne signaient qu'une image d'arrivée", selon elle. Le SNJ, seul syndicat qui n'a pas signé l'accord, dénonce un "enfumage" et une "rupture conventionnelle collective qui ne dit pas son nom".

"La mise en oeuvre de cet accord risque d'avoir des conséquences très lourdes sur la santé, la sécurité et les conditions de travail de tous les salariés qui resteront dans l'entreprise", souligne le syndicat dans un communiqué, dénonçant aussi la création de "comités Théodule à tous les étages".

L'accord doit encore être validé par la Direccte (administration du travail).

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