13/01/2015 13:31

Selon les policiers, des "failles" existaient concernant les frères Kouachi et Coulibaly, mais étaient inévitables

Les "failles" dans la surveillance des frères Kouachi et d'Amédy Coulibaly, évoquées par Manuel Valls, sont incontestables mais s'expliquent par la charge de travail et le nombre de dossiers à traiter, qui impliquent de faire des choix, assurent à l'AFP des sources policières.
"Oui, on est passé à côté" admet, sous couvert de l'anonymat, un membre de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui assure que les services antiterroristes avaient été mobilisés, pendant que les trois hommes planifiaient leurs attaques, sur des objectifs jugés plus sérieux, plus dangereux, davantage susceptibles de passer à l'action.
"Nous avons des objectifs à taper, on ne peut pas travailler davantage", ajoute la même source. "Il y a plus de gens qui reviennent ou qui partent pour des zones de combats que de policiers à la DGSI".
Un responsable de la lutte antiterroriste précise que, face à la multiplication des cibles, "on priorise, au risque de se tromper. Il est
impossible de mettre un flic derrière chaque personne. On essaie de trouver le temps, les gens, pour avoir une surveillance, la meilleure possible, mais qui ne peut pas être une surveillance absolue. C'est une surveillance minimale, essentiellement technique" (écoutes téléphoniques et interceptions sur internet).
Les conversations de Chérif et Saïd Kouachi, bien connus des enquêteurs, signalés par les États-Unis, ont été écoutées, dans le cadre d'écoutes administratives (sans feu vert préalable d'un juge nécessaire), sans que rien de suspect n'apparaisse, en dehors d'évocations de trafics de vêtements contrefaits. Se doutant qu'ils étaient surveillés, ils ont pu utiliser d'autres lignes, celles de leurs compagnes, ou tout simplement s'abstenir de dire quoi que ce soit au téléphone. Quand une cellule est composée de deux frères, elle est impossible à infiltrer.
"Les écoutes administratives, c'est quatre mois renouvelables une fois, donc huit mois en tout", explique à l'AFP une source policière dans le domaine du renseignement. "Alors si on n'entend rien qui permette d'aller voir un juge, on arrête. En plus, il y a un quota : pour brancher quelqu'un, il faut en débrancher un autre. En plus, il faut avoir les moyens d'écouter vraiment. Ça ne sert à rien de brancher deux cents personnes si on n'a pas les moyens de suivre et étudier les conversations. Et les moyens, on ne les a pas".
Au cours des deux dernières années, l'évolution de la situation en Syrie et en Irak, avec la création d'abord de maquis islamistes radicaux puis l'implantation du groupe État Islamique qu'ont rejoint des dizaines, puis des centaines, puis des milliers de volontaires internationaux, dont de nombreux Français, a submergé les services spécialisés sous le nombre de cibles à surveiller.
Il faut tenter de déceler les signes de radicalisation, les prémices de départs vers la "terre de jihad", surveiller les déplacements, veiller sur les transits, et surtout être avertis des retours, où il faut alors diagnostiquer le degré de radicalisation et de dangerosité.
"Oui, les Américains nous ont bien signalé les frères Kouachi en 2011, à cause de leurs voyages au Yémen, d'où les surveillances mises en place et les écoutes, puis à nouveau des écoutes, mais pas à fond", plaide le même membre de la DGSI. "Ce n'est pas que l'on privilégie vraiment la Syrie par rapport au Yémen, mais la cible c'est vraiment la Syrie ces dernières années".
Les frères Kouachi étaient d'autant moins dans le radar des services que nombre de leurs anciens compagnons radicaux, notamment membres de ce qu'on a appelé la "filière des Buttes Chaumont" au début des années 2000, s'étaient rangés. Et eux mêmes présentaient de bons signes d'intégration, avec des familles et des logements.
Le cas d'Amédy Coulibaly, qui n'a pas été placé sur écoutes à sa sortie de prison en mars 2014, va sans doute poser la question de la surveillance des lieux de culte musulmans : il a affirmé, dans la vidéo de revendication mise en ligne après sa mort, avoir "sillonné les mosquées en France" et regretté d'y avoir trouvé tant "d'hommes vigoureux, de jeunes sportifs", et si peu de volontaires "pour défendre l'islam".

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Vos réactions

Portrait de soly
13/janvier/2015 - 18h22
Si les djihadistes étaient en prison il n'y aurait pas de "failles inévitables" mais avec madame Taubira et toute la clique au gouvernement il ne peut y avoir que ce résultat là.
Portrait de AIRWORMS1
13/janvier/2015 - 15h03 - depuis l'application mobile

Si quelqu'un a décider de taper lundi matin 8h12 il tape lundi matin 8h12 qu'il soit surveiller ou pas

Portrait de cherruault
13/janvier/2015 - 14h43

quand valls crachait sur la droite a l assemblée 3 ans apres qu a t il fait rien maintenant ça lui revient dans la gueule ce clown quel imbecile un parvenu qui a bien compris que la republique lui donnerait a manger il n a jamais bosse ce mec toujours aux crochets de notre republique 

Portrait de LicorneMagique
13/janvier/2015 - 13h48

Ouais donc en clair, si rien ne change les terroristes ont de beaux jours devant eux pour attaquer de nouveau la France... ça fait peur tout de même.