04/04/2014 11:54

EXCLU: Le nouveau patron du quotidien Libération répond aux accusations des journalistes

Ce matin, à 9h, Pierre Fraidenraich a accordé sa première interview radio pour expliquer son projet et la situation à Libération, en exclusivité dans "Le Grand direct des médias", de Jean-Marc Morandini.

Il déclare avec ironie: "Evidemment que je reste patron du groupe 'Planète Libé' dans lequel Libération sera l'un des piliers du groupe. L'accueil qui m'a été réservé a été très chaleureux. C'est un accueil très Libé. C'est une culture d'entreprise qu'il va falloir faire évoluer. On ne peut pas construire sur le rejet de principe le conflit et l'adversité. "

"Le rejet de principe est insupportable. Libération a un projet et les moyens associés sont là. Les salariés le savent mieux que mois, sans Bruno Ledoux , ils étaient condamnés", a-t-il ajouté.

A la question de savoir s'il est de droite et ami de Nicolas Sarkozy, Pierre Fraidenraich a répondu : "De quel modèle et de quel pays s'inspire t-il pour poser ce genre de questions? Le fait de savoir si je suis de droite et ami de Nicolas Sarkozy n'est pas le sujet. C'est assez désagréable. Je n'ai pas prévu de signer d'éditorial, de commenter l'actualité politique. Pas d'inquiétudes : le journal est de gauche et il restera de gauche. Une gauche qui s'inscrira dans son époque. Je suis ni de gauche, ni de droite, ma couleur politique ne regarde personne et n'influera absolument pas sur la mission qui m'a été confiée par les actionnaires. Cette mission est de faire passer Libération à Planète Libération.  Nous travaillons à la constituion d'un groupe média qui comportera plusieurs piliers, plusieurs filiales, et peut-être demain plusieurs marques. Ces développements devront assurer au groupe leur rentabilité, issue de sources de revenus diversifiées".
Et d'ajouter : "Je n'interviendrai pas directement dans la ligne éditoriale. Il y aura un directeur de la rédaction qui me reportera au même titre que les autres responsables des autres piliers. Le journal, qui sera le pilier fondamental de l'écosystème, sera dirigé par un journaliste qui sera chargé du quotidien et de développer une news factory qui sera de créer du contenu en passerelle vers les autres piliers".

Pierre Fraidenraich est également revenu sur le projet de Libération. "Le basculement vers ce groupe média s'organisera autour de 6 pôles, le journal bien sûr, le numérique en investissant massivement sur la vidéo, nous intallerons un playroll, nous travaillerons à l'édition d'IDTV, nous développerons l'évènementiel avec déjà 250 débats organisés dans l'ensemble de nos forums, nous jouerons le rôle d'incubateur de start-up en soutenant de jeunes entreprises à vocation média, et enfin le siège de Libération se transformera en centre culturel, restaurant, salle de projection, pour accueillir notre communauté. Cette communauté si fidèle à Libération, et à qui on va proposer au delà de son journal un inventaire de contenus et de supports additionnels."

Au sujet des deux pages virulentes que les journalistes de Libération écrivent quotidiennement sur lui, il répond : "A l'origine, même si parfois c'était dur, ça a été toléré par les actionnaires. Ca permettait l'émulation, le débat d'idées... Mais, depuis quelques jours, ça va beaucoup trop loin. Dans l'intérêt du journal, il faut que ça cesse. Je ne suis pas certain que les lecteurs soient passionnés par ces pages. La décision d'arrêter ces pages ne m'appartient pas. Elle appartient au directeur de la publication. Mais je pense qu'il est temps d'y mettre un terme."

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