25/07/2012 11:31

Rachat de Direct 8 et Direct Star par Canal+: Le PDG de M6 sollicite le CSA

Nicolas de Tavernost, président du directoire de M6, estime dans un entretien au figaro.fr qu'"il y a matière à refuser" l'arrivée de Canal + dans la télé gratuite avec le rachat à Bolloré de Direct 8 et Direct Star, et en appelle au CSA pour "encadrer cette affaire" .

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) "va avoir une forte responsabilité lorsqu'il examinera les conséquences d'une arrivée de Canal + sur le marché de la télévision gratuite", déclare-t-il. Il estime donc qu'"il y a aujourd'hui matière à refuser l'opération". Si le régulateur donne son aval, il doit imposer "des contraintes très fortes sur un marché qui repose depuis vingt-six ans sur un équilibre payant et gratuit".

"Au CSA d'encadrer cette affaire, il en a tous les moyens juridiques", il est "au pied du mur", poursuit le patron de M6. "Le Conseil peut encore intervenir - c'est son pouvoir et son devoir - pour que les chaînes (...) qui n'ont cessé, comme M6, d'investir depuis vingt-cinq ans ne voient pas leur croissance stoppée et que les six nouvelles chaînes HD, qu'il a choisi de lancer (...) puissent se développer", explique M. de Tavernost.

Le CSA doit à ses yeux "défendre l'intérêt du public, garantir la diversité de l'offre et veiller au pluralisme des acteurs".

Canal +, "en situation de quasi-monopole" sur le marché payant, fait peser "un grave risque sur le secteur avec son entrée sur le marché gratuit, très concurrentiel".

"Nous ne nous battons pas à armes égales avec Canal + sur le gratuit", et "si demain, le groupe Canal+ peut acheter également les droits pour ses chaînes gratuites, comment pourrons-nous lutter?", s'interroge M. de Tavernost. Il rappelle également que M6 ne bénéficie pas de "l'avantage fiscal considérable de Canal+" que représente la TVA réduite et qu'il chiffre à "près de 400 millions d'euros", soit "plus que le résultat de TF1 et M6 réunis".

Enfin, le PDG de M6 s'interroge sur les mesures techniques annoncées lundi par l'Autorité de la Concurrence sur ce dossier: "seront-elles efficaces? Insuffisantes?".

Ailleurs sur le web

Vos réactions