frontières Un deuxième suspect, âgé de 16 ans, a été mis en examen à Paris dans l’enquête sur le piratage massif des services fiscaux français, qui a compromis les données personnelles d’au moins 678.000 particuliers et professionnels. Le parquet de Paris a confirmé que l’adolescent, âgé de 15 ans au moment des faits, avait été placé sous contrôle judiciaire.
Connu sous le pseudonyme de « Casquette », le jeune homme, domicilié dans les Bouches-du-Rhône, est soupçonné d’appartenir au groupe de pirates informatiques ZeroBytes. Il a été mis en examen notamment pour « extraction frauduleuse de données » dans un système informatique de l’État, en bande organisée, ainsi que pour accès et maintien frauduleux dans ce système.
Un premier suspect de 18 ans, surnommé « ChatNoir », avait déjà été mis en examen et placé en détention provisoire dans cette affaire à la fin du mois d’août. Les deux jeunes hommes sont soupçonnés d’être les principaux membres de ZeroBytes, un collectif qui avait revendiqué en août les intrusions informatiques survenues durant l’été.
Les données dérobées comprennent notamment des informations fiscales sensibles, parmi lesquelles les revenus de référence, les taux de prélèvement à la source, les coordonnées personnelles et certains renseignements cadastraux. Le groupe avait affirmé avoir vendu une partie des fichiers à des acheteurs, sans que ces déclarations aient pu être vérifiées indépendamment.
L’enquête, confiée à l’Office anti-cybercriminalité, a également mis en évidence des soupçons de liens avec d’autres attaques visant notamment France Travail, l’Éducation nationale, SFR et Intermarché. Les deux suspects seraient également liés à un précédent groupe de pirates baptisé Epsilon, déjà impliqué dans plusieurs affaires de cybercriminalité entre 2023 et 2024.
Un audit de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information a révélé d’importantes failles dans la protection des données du fisc, notamment l’utilisation d’identifiants compromis et l’absence de détection des intrusions.
Le rapport souligne que les pirates ont pu accéder à des ressources sensibles sans déclencher d’alerte, mettant en évidence des défaillances dans les dispositifs de surveillance informatique de l’administration.
La Direction générale des finances publiques assure toutefois que les mots de passe des contribuables n’ont pas été compromis, tout en appelant les personnes concernées à se méfier des tentatives d’escroquerie utilisant leurs informations personnelles.
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