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La cyberattaque contre les frigos de supermarchés rendue possible à cause de "défauts de sécurisation élémentaires", selon l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information

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La cyberattaque qui a paralysé les installations frigorifiques de centaines de supermarchés français aurait été facilitée par des défaillances élémentaires de cybersécurité, selon l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi).

Dans la nuit du 11 au 12 octobre, des pirates informatiques ont pris le contrôle à distance de réfrigérateurs et de congélateurs connectés, provoquant une hausse brutale de leur température, parfois jusqu'à 50 °C.

Près de 700 magasins auraient été touchés, notamment dans les réseaux Intermarché, Netto, Carrefour, Coopérative U, E.Leclerc et Monoprix, entraînant la destruction de quantités considérables de produits alimentaires.

L'Anssi met en cause des interfaces de contrôle accessibles directement depuis Internet, parfois protégées par des mots de passe insuffisants ou utilisant des logiciels qui n'avaient pas été actualisés.

« De manière générale, l'exposition d'une interface de gestion sur Internet est contraire aux bonnes pratiques », rappelle l'agence française de cybersécurité. Les équipements concernés comprennent notamment des systèmes commercialisés par le fabricant danois Danfoss et les marques Copeland et Dixell, utilisés pour surveiller et piloter à distance les températures.

Plusieurs vulnérabilités de ces dispositifs avaient déjà été identifiées par des chercheurs en sécurité informatique, tandis que des correctifs existaient pour certains modèles avant les attaques. Danfoss a expliqué qu'une grande partie des appareils affectés étaient obsolètes ou fonctionnaient avec des versions logicielles anciennes, sans bénéficier des dernières protections disponibles.

Pour les distributeurs, les conséquences financières pourraient atteindre plusieurs dizaines de millions d'euros, entre les marchandises détruites, les réparations et les interruptions d'activité.

Le président du groupement Les Mousquetaires, Thierry Cotillard, a notamment évoqué des pertes considérables et la perspective de procédures judiciaires pour déterminer les responsabilités.

L'affaire soulève également des interrogations sur les assurances, certains contrats de cybersécurité ne couvrant pas nécessairement les dommages matériels et les pertes alimentaires provoqués par une attaque informatique.

Les autorités recommandent désormais de supprimer les accès directs non sécurisés, de modifier les mots de passe, d'installer les mises à jour et de privilégier des connexions protégées pour la maintenance à distance.

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