Serge Papin Le secteur de l’habillement traverse une rentrée "catastrophique", selon l’Alliance du Commerce, qui annonce une baisse des ventes de 17,6% en septembre sur un an, dans un contexte de fortes chaleurs et de pression sur le pouvoir d’achat.
"Septembre enregistre sa plus mauvaise performance depuis cinq ans", souligne son directeur général, Yohann Petiot, à partir des données de Retail Int., dont le panel couvre plus de 70 enseignes et 10 000 magasins.
Ce recul "brutal" fragilise les enseignes à une période essentielle pour leurs revenus et leur trésorerie, après des premiers mois déjà contrastés.
L’habillement pour enfants est particulièrement touché, avec une contraction de 27,4%, alors que la rentrée scolaire représente "à elle seule 14% des ventes annuelles des enseignes de vêtements pour enfants".
Les températures inhabituellement élevées ont détourné les consommateurs des collections automnales : dans la mode féminine, les ventes de manteaux et autres grosses pièces ont chuté de 45%, tandis que celles des shorts ont augmenté de 24%.
À cet effet météorologique s’ajoute "l'accélération de l'inflation portée par les prix de l'énergie" et des carburants, qui réduit les budgets disponibles et freine les déplacements vers les commerces éloignés.
Sur les neuf premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires des magasins recule ainsi de 4,7% par rapport à 2025, tandis que les ventes en ligne perdent 15,9% en septembre et 1,8% depuis janvier.
"Cette chute brutale de l'activité est un signal d'alarme", avertit Yohann Petiot, qui juge les derniers mois de l’année "décisifs" et appelle le "gouvernement à une extrême vigilance".
"La priorité doit être de préserver les entreprises, l'emploi et la consommation", insiste-t-il, en contestant la réduction des allègements de cotisations sociales sur les bas salaires prévue dans le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027.
"Ce n'est certainement pas le moment d'alourdir davantage le coût du travail, notamment en réduisant les allègements de cotisations sociales sur les bas salaires", plaide-t-il.
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