Florence Porcel Aujourd'hui, à 13h, Stéphanie Mistre, la mère de Marie, était l'invitée de l'émission "Police justice : 24h en France" sur CNews. Sa fille s'est suicidée le 16 septembre 2021 à l'âge de 15 ans. Avant le drame, l'adolescente, harcelée, avait publié une vidéo où elle exprimait son mal-être.
"En un an, Marie a pris 10 centimètres et du poids. Elle a été, très rapidement, harcelée sur son poids et ses attributs féminins. Ça a été compliqué pour elle. En seconde, elle a voulu aller en pension parce qu'elle avait envie de liberté. Et là, elle est tombée sur un groupe d'adolescents qui l'avait déjà harcelée avant. Ils ont été absolument cruels avec Marie. C'est là où a commencé son mal-être profond sur le harcèlement", débute la mère de famille.
En 2021, en plein confinement, "Marie se retrouve face à TikTok, face à ce nouveau modèle avec un algorithme différent. Ça ne devient plus une plateforme de loisirs et récréative mais une plateforme qui est faite pour rendre accro".
Peu de temps après son décès, la mère de famille va apprendre que sa fille s'est rendue au commissariat pour déposer plainte contre les harceleurs qui la traquaient sur TikTok, Snapchat. La police lui a dit "vous n'allez pas porter plainte pour ça", indique la mère.
"Il y a une vidéo de Marie sur Snapchat qui est passée en version Peppa Pig avec la tête de Marie. Tout le monde est au courant au lycée. Et là on minimise. Pour une enfant en construction à 15 ans, se dire que le monde des adultes n'est pas là pour la soutenir, je pense qu'il y a ce sentiment d'abandon", continue Stéphanie Mistre.
Sur TikTok, sa fille a parlé de poids, de perte de poids. Dès lors, "la plateforme va la catégoriser avec des problèmes de santé mentale. Elle reçoit des vidéos sur les troubles alimentaires. C'est ce que j'ai trouvé sur son téléphone", confie-t-elle.
Un mois après le drame, la mère de famille décide d’explorer le téléphone de sa fille pour tenter de comprendre les derniers mois de sa vie. "C’est là que je découvre l’enfer de ce que TikTok a fait vivre à ma fille", raconte-t-elle, affirmant avoir retrouvé un univers de vidéos consacrées au mal-être, aux troubles alimentaires et à l’automutilation.
Pour elle, "il faut éclairer les consciences des gens, des politiques et de la justice. Éclairer les parents, éclairer les enfants. On s’est perdus dans ce monde virtuel". Elle accuse TikTok de chercher avant tout "la maximisation du temps d’écran" et considère que les enfants sont devenus des produits permettant aux plateformes de gagner de l’argent.
"Ils ont réussi à détruire quelque chose de beau qui aspirait à la vie, au bonheur. Ils ont réussi à la convaincre par cette communauté d'enfants en mal-être. Ce manque d'aide de l'adulte et de la justice a fait que ma fille a perdu le goût à la vie et a fait ce qu'elle a fait. Parce qu'on l'a incité à le faire", estime-t-elle, les larmes aux yeux.
"TikTok est une machine à détruire, ce n'est pas une machine à créer du loisir, mais c'est juste un enfermement psychologique, voulu par ces gens-là. Ils travaillent sur le cerveau de nos enfants. Et c'est reconnu, avéré, donc on ne peut plus le nier. Donc à partir de là, il faut les sanctionner. Ils bafouent toutes les lois et on continue à les laisser faire", déclare la mère.
En 2023, Stéphanie Mistre a porté plainte contre TikTok et a ensuite rejoint d’autres parents confrontés à des situations similaires au sein du collectif Algos Victima.
En mai dernier, seize familles ont déposé une nouvelle plainte pour « abus de faiblesse », accusant la plateforme d’exploiter la vulnérabilité psychologique de certains mineurs, ce que TikTok conteste en mettant en avant ses dispositifs de protection des adolescents.
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