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Dans les Alpes et particulièrement le massif du Mont-Blanc, l'été caniculaire a été marqué par "un record" d'éboulements, dont "une large majorité est imputable à la crise climatique", selon un chercheur

L’été 2026 restera comme une année particulièrement préoccupante dans les Alpes, où les scientifiques observent un nombre record d’éboulements rocheux, notamment dans le massif du Mont-Blanc.

Pour Ludovic Ravanel, géomorphologue et directeur de recherche au CNRS, une « large majorité » de ces événements peut être reliée à la crise climatique et aux températures exceptionnellement élevées.

La chaleur agit notamment sur le permafrost, ces terrains et fissures rocheuses qui restent normalement gelés pendant plusieurs années et participent à la stabilité des parois en haute montagne.

Lorsque la glace présente dans les fractures se réchauffe et dégèle, la cohésion de la roche diminue, augmentant le risque de chutes de pierres et d’écroulements de grande ampleur. Le phénomène n’est pas nouveau, mais l’été caniculaire de 2026 a accéléré une tendance observée depuis plusieurs décennies par les chercheurs dans les Alpes.

Les travaux menés dans le massif du Mont-Blanc montrent d’ailleurs que le rythme d’érosion des parois a fortement augmenté, passant de moins de 2,2 millimètres par an au début du XXe siècle à plus de 4,1 millimètres entre 2006 et 2011. Les conséquences sont désormais très concrètes pour les alpinistes, plusieurs itinéraires devenant particulièrement dangereux lorsque les températures restent élevées.

Le 15 juillet, deux alpinistes tchèques ont notamment perdu la vie dans une chute de pierres au Grand Couloir du Goûter, passage redouté de la voie normale du Mont-Blanc.

Début août, un important éboulement s’est également produit sur le versant sud du Cervin, à environ 3 900 mètres d’altitude, sans faire de victime. Face au danger, les guides de Zermatt avaient déjà déconseillé dès la mi-juillet l’ascension du célèbre sommet situé à la frontière entre la Suisse et l’Italie.

Le problème dépasse largement les Alpes françaises : en Suisse, le village de Kandersteg surveille actuellement une masse rocheuse instable de plusieurs millions de mètres cubes susceptible de s’effondrer. Les scientifiques y pointent également le rôle du dégel du permafrost et du retrait des glaciers dans la déstabilisation progressive des versants.

En France, des recherches du CNRS montrent par ailleurs que les glaciers rocheux des Alpes connaissent une accélération et une déstabilisation corrélées à l’augmentation des températures de l’air depuis plusieurs décennies.

Ces bouleversements obligent les professionnels de la montagne à adapter leurs pratiques, leurs horaires et parfois à renoncer temporairement à certains itinéraires devenus trop exposés.

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