météo Le changement climatique pourrait représenter d’ici la fin du siècle une menace sanitaire encore plus importante que prévu, en particulier pour les personnes âgées. Une nouvelle étude publiée dans The Lancet Planetary Health montre que les plus de 60 ans supportent beaucoup moins bien les épisodes de chaleur extrême que ne le supposaient jusqu’ici de nombreuses projections.
Les chercheurs ont cette fois intégré des seuils de tolérance différents selon l’âge, alors que les précédents modèles appliquaient souvent à l’ensemble de la population des limites correspondant davantage aux adultes jeunes. Avec l’âge, le corps transpire moins efficacement, les capacités cardiovasculaires diminuent et l’organisme éprouve davantage de difficultés à maintenir sa température.
Les scientifiques se sont notamment intéressés au « stress thermique non compensable », une situation dans laquelle le corps ne parvient plus à évacuer suffisamment de chaleur pour maintenir une température stable. À mesure que la planète se réchauffe, des centaines de millions de personnes pourraient ainsi être exposées beaucoup plus fréquemment à des conditions dangereuses pour leur santé.
Chaque degré supplémentaire de réchauffement mondial exposerait environ un milliard de personnes supplémentaires à au moins 180 heures par an de stress thermique non compensable. Les personnes âgées seraient particulièrement touchées : elles pourraient être confrontées à des niveaux dangereux de chaleur dès un réchauffement mondial de 1,5 °C, alors que les jeunes adultes résisteraient à des niveaux nettement plus élevés.
Le problème est amplifié par le vieillissement démographique, puisque le nombre de personnes âgées de 60 ans ou plus dans le monde devrait atteindre environ 2,1 milliards en 2050. Les régions tropicales et subtropicales figurent parmi les plus exposées, notamment dans des pays très peuplés comme l’Inde et le Pakistan.
Dans les scénarios de réchauffement les plus élevés, certaines zones pourraient devenir extrêmement difficiles à habiter pendant une partie de l’année, particulièrement pour les populations les plus âgées.
L’Europe est également concernée : les vagues de chaleur y deviennent plus fréquentes et les personnes âgées représentent déjà une part importante des décès supplémentaires enregistrés pendant les épisodes caniculaires.
Les chercheurs soulignent donc l’urgence d’adapter les logements, les établissements de santé et les villes, mais aussi les systèmes d’alerte et de prise en charge des populations vulnérables.
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