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Huit militants écologistes, placés en garde à vue pendant près de deux jours en novembre pour avoir tagué un pont autoroutier en Alsace, condamnés à des amendes

Huit militants écologistes, placés en garde à vue pendant près de deux jours en novembre pour avoir tagué un pont autoroutier en Alsace afin de dénoncer le confinement de déchets toxiques, ont été condamnés jeudi à de simples amendes.

Les peines prononcées par le tribunal correctionnel de Saverne sont en-deçà des réquisitions du parquet, qui avait demandé trois mois de prison avec sursis contre ces membres d’Extinction Rebellion.

Ils étaient poursuivis pour avoir inscrit, à la peinture blanche, « Stocamine contamene » (sic) - en référence au projet de confinement - sur un pont au-dessus d’une autoroute à Dorlisheim (Bas-Rhin), en novembre 2025.

Le tribunal a expliqué dans un communiqué avoir requalifié les faits en dégradations en réunion ayant provoqué un dommage léger « au regard notamment de l’absence d’atteinte à l’usage de l’ouvrage, du coût limité de la remise en état et de l’absence de trouble avéré à l’ordre public ».

Les huit militants ont été condamnés pour ces faits à 400 euros d’amende chacun, une peine qui ne sera pas inscrite à leur casier judiciaire. En outre, « certaines irrégularités ont conduit à l’annulation des placements en garde à vue, sans remettre en cause la régularité de la saisine du tribunal ni l’examen au fond des faits poursuivis », indique le tribunal dans son communiqué.

Interpellés alors qu’ils quittaient les lieux, les militants avaient été « privés de liberté pendant 55 heures » et avaient dû patienter neuf heures pour voir le juge des libertés après 46 heures de garde à vue, selon leurs avocats.

« Le tribunal nous a donné raison sur la qualification des faits » ainsi que « sur certaines irrégularités de procédure que nous avions soulevées à l’audience », s’est félicité l’avocat de plusieurs militants, Théo Gauthier.

« Néanmoins, on a quand même le sentiment que le tribunal n’a pas tiré toutes les conséquences de ces constatations et c’est pour ça que nos clients entendent faire appel », a ajouté Me Gauthier, qui avait plaidé la relaxe lors de l’audience le 22 décembre.

Cette décision n’est « pas du tout une victoire », a commenté Extinction Rébellion. « En reconnaissant les militants coupables malgré la liberté d’expression et l’état de nécessité, la justice a validé le virage répressif lancé par l’Etat ces six dernières années à l’égard des militants écologistes », a fustigé l’association dans un communiqué.

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