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Italie: Les journalistes de la chaîne publique RAI ont annoncé prévoir un débrayage de 24 heures en mai, invoquant des craintes de plus en plus marquées d'ingérences politiques

Les journalistes de la chaîne publique italienne RAI ont annoncé jeudi prévoir un débrayage de 24 heures en mai, invoquant des craintes de plus en plus marquées d'ingérences politiques, dans l'Italie gouvernée par la Première ministre d'extrême droite Giorgia Meloni. Cette grève intervient après que le Premier ministre albanais Edi Rama, proche de Meloni, a appelé un rédacteur en chef de la RAI pour se plaindre d'un reportage télévisé sur l'accord migratoire controversé passé entre l'Italie et son pays.

Le syndicat Usigrai a appelé à la grève du 6 au 7 mai, affirmant que les entretiens avec la direction n'avaient pas permis d'apaiser les craintes. Le syndicat fait état de nombreux problèmes dont une insuffisance d'effectifs, mais se montre très préoccupé et de loin par "le contrôle étouffant sur le travail des journalistes avec la tentative de réduire la RAI à devenir un mégaphone du gouvernement".

Un autre syndicat de journalistes de la RAI, Unirai, a déclaré qu'il ne se joindrait pas à ce qu'il nomme une grève "politique", appelant toutefois à un retour du "pluralisme" au sein de la chaîne. Financée en partie par une redevance et avec des dirigeants nommés depuis longtemps par des responsables politiques, l'indépendance de la RAI a toujours été un sujet de débat.

Mais avec l'arrivée au pouvoir de Meloni, les inquiétudes ont redoublé. Des tensions ont éclaté ce week-end sur fond d'accusations selon lesquelles la RAI aurait censuré un discours d'un éminent écrivain critiquant Meloni à l'approche du Jour de la Libération, le 25 avril.

La direction de la RAI et Meloni ont nié toute censure. Par ailleurs, le Premier ministre albanais a confirmé jeudi avoir appelé Paolo Corsini, rédacteur en chef de la RAI, au sujet d'un reportage télévisé dimanche sur les projets de l'Italie de construire deux centres de traitement des migrations sur le territoire albanais. Il aurait considéré l'article "biaisé" et avec "des mensonges", selon les propos rapportés par la Stampa.

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