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La Rapporteuse spéciale de l'ONU sur la torture appelle Londres à ne pas extrader Julian Assange aux Etats-Unis, où il est poursuivi pour une fuite massive de documents, au vu du risque qu'il y subisse "des mauvais traitements"

La Rapporteuse spéciale de l'ONU sur la torture a appelé Londres à ne pas extrader Julian Assange aux Etats-Unis, où il est poursuivi pour une fuite massive de documents confidentiels, au vu du risque qu'il y subisse "des mauvais traitements".

Dans un communiqué, l'experte indépendante, Alice Jill Edwards, demande au gouvernement britannique de "suspendre l'extradition imminente de Julian Assange", dont Londres avait accepté le principe en juin 2022. Les 20 et 21 février, deux magistrats britanniques vont examiner la décision de la Haute Cour de justice de Londres, prise par un juge unique le 6 juin, de refuser au fondateur de WikiLeaks l'autorisation de faire appel contre son extradition. "Julian Assange souffre depuis longtemps d'un trouble dépressif périodique. Il a été évalué qu'il présente un risque de suicide", indique la Rapporteuse. "S'il est extradé, il pourrait être détenu en isolement prolongé en attendant son procès (...). S'il est reconnu coupable, il pourrait être condamné à une peine allant jusqu'à 175 ans de prison", explique-t-elle.

Selon elle, "le risque qu'il soit placé à l'isolement de façon prolongée malgré son état de santé mentale précaire, et que sa condamnation puisse être disproportionnée soulève la question de savoir si l'extradition de M. Assange vers les Etats-Unis serait compatible avec les obligations internationales du Royaume-uni en matière de droits humains".

"Les assurances diplomatiques fournies par le gouvernement des Etats-Unis concernant le fait qu'il sera traité humainement ne constituent pas une garantie suffisante", estime l'experte, mandatée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU mais qui ne s'exprime pas au nom de l'organisation. Après l'audience de février, Julian Assange aura soit "d'autres occasions de plaider sa cause" devant la justice, "soit aura épuisé tous les appels (...) et entrera donc dans le processus d'extradition", avaient relevé en décembre dans un communiqué ses partisans, qui le présentent comme un martyr de la liberté de la presse.

Le ressortissant australien de 52 ans est poursuivi aux Etats-Unis pour avoir publié à partir de 2010 plus de 700.000 documents confidentiels sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et Afghanistan. Il encourt des dizaines d'années en prison. Arrêté par la police britannique en 2019 après sept ans reclus à l'ambassade d'Equateur à Londres pour éviter d'être extradé en Suède sur la base d'accusations d'agression sexuelle, il est détenu depuis quatre ans à la prison de haute sécurité de Belmarsh, dans l'est de Londres.

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