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Des responsables syndicaux et des militants écologistes jugés en correctionnelle à Niort pour avoir organisé des rassemblements contre les "bassines" à Sainte-Soline interdits par les autorités - VIDEO

Le droit de manifester est au coeur du procès de responsables syndicaux et militants écologistes jugés en correctionnelle, vendredi à Niort, pour avoir organisé des rassemblements contre les « bassines » à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) interdits par les autorités.

Cinq prévenus -- Benoît Feuillu et Basile Dutertre, militants des Soulèvements de la Terre, Benoît Jaunet et Nicolas Girod, représentants de la Confédération paysanne, ainsi que Julien Le Guet, porte-parole du collectif « Bassines non merci » -- sont poursuivis pour la manifestation du 25 mars qui avait donné lieu à de violents affrontements avec les forces de l’ordre.

Trois d’entre eux le sont aussi pour la manifestation précédente du 29 octobre, de même que deux syndicalistes de la CGT et de Solidaires, David Bodin et Hervé Auguin. Tous encourent six mois d’emprisonnement et 7.500 euros d’amende.

Les prévenus dénoncent un procès « politique » destiné, selon eux, à museler l’opposition aux « bassines », surnom qu’ils donnent à des réserves d’eau destinées à l’irrigation agricole, contestées dans les Deux-Sèvres.

Leurs avocats, eux, voient dans la procédure une atteinte au droit de manifester visant, selon Me Pierre Huriet qui plaidera pour Solidaires, à « décourager les mouvements sociaux ». Sa consoeur Alice Becker, conseil des syndicalistes CGT, fustige « une entrave à la liberté de manifester, d’opinion, mais aussi syndicale ».

Mes Chirine Heydari-Malayeri, Inès Giacometti et Balthazar Lévy, avocates de la Confédération paysanne, déplorent « une criminalisation de l’action politique et syndicale, d’autant moins tolérable que le syndicat agricole alerte sur la préservation de l’eau et d’un accès égalitaire à ce bien commun essentiel ».

Seize « bassines » sont programmées dans le Marais poitevin, dont celle de Sainte-Soline. Ces retenues creusées dans la terre visent à stocker de l’eau puisée dans les nappes en hiver, afin d’irriguer les cultures en été quand les précipitations se raréfient.

Leurs partisans en font une assurance-récolte indispensable à la survie des agriculteurs irrigants (minoritaires au sein de la profession) face aux sécheresses à répétition; les opposants dénoncent, eux, un « accaparement » de l’eau par « l’agro-industrie ».

 

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Vos réactions

Portrait de Azrael68
8/septembre/2023 - 22h03 - depuis l'application mobile

J’espère qu’ils seront lourdement sanctionnés !