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Une Britannique, condamnée en juin à plus de deux ans de prison pour avoir avorté plusieurs semaines après le délai légal, voit sa peine réduite et va être libérée

Une Britannique, condamnée en juin à plus de deux ans de prison pour avoir avorté plusieurs semaines après le délai légal, a vu sa peine réduite et va être libérée, une affaire à l'origine d'une forte mobilisation.

Carla Forster, 45 ans, une mère de trois enfants, avait obtenu des pilules pour avorter lors du confinement en 2020, après avoir menti sur la durée de sa grossesse.

Enceinte de 32 à 34 semaines, elle avait tenté d'avorter en mai 2020 avant que les secours ne soient appelés, car la femme était en train d'accoucher. L'enfant est né pendant l'appel mais a été prononcé mort 45 minutes plus tard par les médecins. En Angleterre, au pays de Galles et en Écosse, les femmes enceintes peuvent avorter jusqu'à la 24e semaine de grossesse. Mais selon une loi qui remonte à 1861, les femmes qui avortent en dehors du cadre autorisé par la loi encourent la prison à perpétuité. Carla Foster a été condamnée en juin à 28 mois de prison.

Mais mardi, la Cour d'appel a réduit de moitié sa peine et s'est prononcée pour sa sortie de prison. «C'est une affaire très triste (...). C'est une affaire qui appelle la compassion, pas une punition», a déclaré la juge Victoria Sharp. Cette affaire a été au centre d'une large mobilisation. Mi-juin, des milliers de personnes ont manifesté à Londres pour demander la fin de la criminalisation de l'avortement au-delà du délai légal. Les manifestants avaient scandé «Libérez Carla Forster», et brandi des pancartes : «l'avortement, c'est un acte de santé» ou encore «le vrai crime, c'est le maintien de l'ordre de nos corps».

Carla Foster «n'aurait jamais dû subir une épreuve aussi atroce», a réagi Chiara Capraro, responsable à Amnesty International. «Il est profondément troublant de voir une femme au Royaume-Uni être condamnée à une peine de prison en raison d'une loi datant de 1861», a-t-elle ajouté en soulignant «la nécessité urgente de dépénaliser l'avortement en Angleterre et au Pays de Galles». «Deux femmes accusées d'avoir mis fin illégalement à leur grossesse attendent en ce moment leur procès», a rappelé sur Twitter l'association British Pregnancy Advisory Service, qui gère des cliniques réalisant des avortements. «Nous pressons le Parlement à agir et à décriminaliser l'avortement de manière urgente pour qu'aucune autre femme n'ait à endurer la menace de poursuites et de prison.»

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