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La justice française rend un avis favorable à la demande des autorités italiennes d’extrader Edgardo Greco, un membre présumé de la mafia calabraise interpellé en février à St-Etienne après 16 ans de cavale

La justice française a rendu jeudi un avis favorable à la demande des autorités italiennes d’extrader Edgardo Greco, un membre présumé de la mafia calabraise condamné en Italie et interpellé en février à Saint-Etienne (centre-est) après 16 ans de cavale.

Le jugement de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon, dont l’AFP a obtenu copie, « donne un avis favorable à la demande d’extradition d’Edgardo Greco présenté par la République italienne », après avoir donné acte de ce que l’intéressé « ne consent pas à (cette) extradition ».

Joint par l’AFP, David Metaxas, le nouvel avocat du ressortissant italien interpellé le 2 février à Saint-Etienne, où il travaillait dans la restauration, a annoncé qu’il formait « immédiatement un pourvoi en cassation ». « S’il va en Italie il est mort judiciairement et physiquement. Emprisonné là-bas, il n’en sortira pas vivant », a réagi Me Metaxas. « Notre but est qu’il puisse être rejugé en France », a poursuivi l’avocat, précisant qu’il allait « écrire en ce sens à la Première ministre » française Elisabeth Borne.

Le 30 mars dernier, lors de l’audience devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon, Me Benoît Courtin, précédent avocat d’Edgardo Greco, avait plaidé en faveur d’un « avis défavorable » de la cour d’appel à cette demande, pour « non-respect de la procédure ». La demande d’extradition avait été déposée fin février, après l’interpellation de l’homme de 63 ans.

Accusé d’appartenir à la ’Ndrangheta, Edgardo Greco a été condamné en 2006 dans son pays à la réclusion à perpétuité pour des meurtres commis en 1991, mais vivait en cavale. Il a été arrêté par la police française grâce à un partage d’informations avec les carabiniers italiens, dans le cadre du projet I-Can (Coopération Interpol contre la ’Ndrangheta).

Les faits qui sont lui sont reprochés remontent à 1991, avant l’entrée en vigueur du traité de Maastricht créant l’Union européenne, le 1er novembre 1993. Cette analyse avait entraîné une nouvelle démarche de la justice italienne. Après son arrivée en France, le fugitif a travaillé dans plusieurs restaurants italiens de Saint-Etienne, où il se faisait appeler Paolo Dimitrio, et a tenu son propre établissement de juin à novembre 2021, selon des témoignages et documents consultés par l’AFP.

 

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