12/01/2023 10:16

Emmanuel Macron estime qu’il n’a "pas à demander pardon" à l’Algérie pour la colonisation et espère accueillir son homologue Abdelmajid Tebboune en France en 2023 pour poursuivre le travail de mémoire et de réconciliation

Le président français Emmanuel Macron estime qu’il n’a « pas à demander pardon » à l’Algérie pour la colonisation, mais espère accueillir son homologue Abdelmajid Tebboune en France en 2023 pour poursuivre le travail de mémoire et de réconciliation entre les deux pays.

« Je n’ai pas à demander pardon, ce n’est pas le sujet, le mot romprait tous les liens », explique-t-il dans un long entretien avec l’écrivain algérien Kamel Daoud à l’hebdomadaire français Le Point publié mercredi soir. « Le pire serait de conclure: "On s’excuse et chacun reprend son chemin" », dit-il. « Le travail de mémoire et d’histoire n’est pas un solde de tout compte », poursuit-il.

« C’est, bien au contraire, soutenir que dedans il y a de l’inqualifiable, de l’incompris, de l’indécidable peut-être, de l’impardonnable », souligne-t-il. La question des excuses est au coeur de la relation bilatérale et des tensions récurrentes entre les deux pays.

En 2020, l’Algérie avait fraîchement accueilli un rapport de l’historien français Benjamin Stora préconisant une série de gestes pour tenter de réconcilier les deux pays, tout en excluant « repentance » et « excuses ». « J’espère d’ailleurs que le président Tebboune pourra venir en 2023 en France », relève par ailleurs Emmanuel Macron, afin de poursuivre « un travail d’amitié (..) inédit » après la visite que lui-même a effectuée en Algérie en août 2022.

Interrogé sur la possibilité d’une cérémonie de recueillement du président algérien sur les sépultures des membres de la suite d’Abdelkader, héros de la résistance à la colonisation française, enterrés à Amboise, il a estimé que ce serait « un très beau et très fort moment » et qu’il le « souhaitait ».

« Je crois que cela fera sens dans l’histoire du peuple algérien. Pour le peuple français, ce sera l’occasion de comprendre des réalités souvent cachées », dit-il encore. AbdelKader (1808-1883) a été détenu à Amboise avec plusieurs membres de sa famille de 1848 à 1852.

Le voyage du président Macron à Alger en août a permis de remettre la relation bilatérale sur les rails après une crise liée à des propos qu’il avait tenus en octobre 2021. Le chef de l’Etat avait alors reproché au « système politico-militaire » algérien de surfer sur la « rente mémorielle » et s’était interrogé sur l’existence d’une nation algérienne avant la colonisation.

 

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Vos réactions

Portrait de lucieat
13/janvier/2023 - 11h01

C'est grâce à la colonisation que l'Algérie (et les autres pays ) ont pu accéder à la modernité, des milliers de km de voies ferrées, de routes, des hôpitaux, écoles, lycées, universités, administration, des fermes prospères, l'Algérie était un pays de cocagne, tout poussait et exportait partout, surtout en France, aujourd'hui ils importent ...il n'y avait rien, la France leur a tout créé, ils en profitent toujours et n'ont pas changé grand chose depuis

Leur seules exportations, c'est ceux dont ils ne veulent pas chez eux qui viennent mettre le bazar, la preuve, ils ne veulent pas les reprendre

Portrait de Vosegus
12/janvier/2023 - 11h45

Si cette déclaration ne prouve pas que Macron est un bipolaire, alors je suis perdu. 

En 2020 il déclarait que la colonisation de la France était un "crime contre l'humanité" mais là, il dit que la France n'a pas à demander pardon. Faudrait savoir, Manu, on est coupable ou non ? 

Mon opinion est que nous ne le sommes pas.