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Accusée de diffamation par Jean-Christophe Lagarde après la parution de son livre "Le maire et les barbares", la journaliste de Libération Eve Szeftel relaxée

Le tribunal correctionnel de Versailles a relaxé la journaliste de Libération Eve Szeftel, accusée de diffamation par l'ex-député de Seine-Saint-Denis et patron de l'UDI Jean-Christophe Lagarde pour son livre "Le maire et les barbares" paru en 2020. L'ex-journaliste de l'AFP était jugée pour une première plainte déposée par l'ancien député après un entretien sur Sud Radio le 11 mars 2020 au cours duquel elle était interrogée sur son livre. En tout, Jean-Christophe Lagarde a en déposé au moins six à son encontre dans plusieurs tribunaux d'Ile-de-France.

Dans son livre, Eve Szeftel décrit les liens troubles entre l'ancien maire de Drancy, la mairie de Bobigny, des islamistes et des voyous, sur fond de pratiques clientélistes. Dans la ville voisine de Bobigny, le mandat de la municipalité UDI a été émaillé par la condamnation pour "violences en réunion" du premier adjoint et d'un agent de la ville. La ville a en outre été épinglée par la Chambre régionale des comptes, notamment sur une dizaine d'embauches irrégulières dont des responsables associatifs ayant, pour certains, soutenu la campagne de la majorité. Cité par la journaliste, George-François Leclerc, préfet en Seine-Saint-Denis à l'époque des faits, aujourd'hui préfet des Hauts-de-France, a évoqué à l'audience des "actes graves et délibérés" à la municipalité de Bobigny, tenue alors par un proche de M. Lagarde. "Il y a des points de croisement incontestables entre ce qui est relaté dans ce livre et le contrôle de légalité que j'ai eu à pratiquer", avait poursuivi le haut fonctionnaire.

Pour l'ancien député, ce livre n'est qu'une "une fable". "On dit qu'il fréquente les milieux islamistes ou des gangs antisémites, moi je ne le connais pas sous cet angle", avait déclaré lors de l'audience le 19 septembre Hassen Chalgoumi, imam de Drancy et appelé à témoigner par l'ancien élu.

Après sa défaite aux législatives dans son fief de la 5e circonscription du département face à l'Insoumise Raquel Garrido (Nupes), M. Lagarde a été placé en garde à vue en septembre dans l'enquête sur les fausses accusations du magazine Le Point ayant visé, pendant la campagne, les députés LFI Raquel Garrido et Alexis Corbière. Il ne fait pas l'objet de poursuites à ce stade, mais un de ses ex-collaborateurs a été mis en examen dans ce dossier.

Dans une autre affaire, le parquet national financier a requis le mois dernier un an d'emprisonnement avec sursis, assorti d'une privation des droits civiques de cinq ans, contre l'ex-député, soupçonné d'avoir octroyé un emploi fictif d'assistante parlementaire à sa belle-mère.

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21/novembre/2022 - 19h36 - depuis l'application mobile

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