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De "la môme bijou" aux "forts des halles" en passant par Picasso, l'oeuvre du photographe Brassaï, amoureux de Paris, est à l'honneur du 71e album de Reporters sans frontières - VIDEO

De "la môme bijou" aux "forts des halles" en passant par Picasso, l'oeuvre du photographe Brassaï (1899-1984), poète de la nuit, amoureux de Paris, est à l'honneur du 71e album de Reporters sans frontières. Après Cartier-Bresson, Lartigue ou encore Doisneau, l'artiste d'origine hongroise complète ainsi la liste des maîtres de l'argentique auxquels la collection de RSF, "100 photos pour la liberté de la presse", rend hommage depuis 30 ans.

"C'est pour saisir la nuit de Paris que je suis devenu photographe", disait Brassaï, connu pour ses clichés en noir et blanc pris dans les rues comme dans les maisons de passe ou au sommet de Notre-Dame, d'où il a capturé la Stryge, célèbre chimère de la cathédrale. Une passion découverte sur le tard par l'ami de Picasso, Dali, Prévert ou Henry Miller. Après des études aux Beaux-Arts de Budapest puis de Berlin, Guyla Halasz - de son vrai nom - s'installe en 1924 à Paris, où il a vécu enfant, son père, professeur de français, ayant choisi d'y passer une année sabbatique.

Le jeune homme, correspondant pour des journaux roumains, hongrois et allemands, se met à la photo pour répondre à la demande croissante d'images avec l'essor des magazines illustrés. Fréquentant les milieux artistiques de Montparnasse, il arpente "Paname" de nuit et l'immortalise dès 1930 sous le nom de Brassaï, hommage à sa ville natale Brasso en Transylvanie, et participe à l'illustration de la revue surréaliste "Minotaure".

Vendu 12,50 euros, le portfolio de RSF rassemble aussi des clichés de ses voyages pour le compte de grands magazines internationaux dans les années 1950, notamment aux Etats-Unis, où l'artiste, naturalisé français en 1949, s'est essayé à la couleur. L'ouvrage fait appel à divers contributeurs, dont le prix Nobel de littérature Patrick Modiano et l'artiste C215, venu rappeler comment Brassaï "fut l'un des premiers, sinon le premier des photographes à élever le graffiti au rang d'oeuvre".

Les ventes d'albums de RSF représentent 30% des revenus de l'association de défense de la liberté de la presse. A l'origine chaque année d'un classement mondial sur le sujet, l'ONG fournit aussi une aide aux journalistes sur le terrain, via notamment un soutien légal et matériel (gilets pare-balles, casques, guides pratiques et assurances...).

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