14/10/2022 10:31

Un magistrat lyonnais de 59 ans, aujourd’hui suspendu de ses fonctions, a comparu hier devant le tribunal correctionnel de Chambéry pour "outrage" à l’encontre de policiers à Lyon en 2019

Un magistrat lyonnais de 59 ans, aujourd’hui suspendu de ses fonctions, a comparu jeudi devant le tribunal correctionnel de Chambéry (Savoie) pour « outrage » à l’encontre de policiers à Lyon en 2019. Les faits remontent au 3 avril quand au retour d’une formation qu’il avait donnée à Aix-en-Provence, le prévenu, alors juge d’instruction à Lyon, s’était vu retirer par la fourrière de cette ville sa voiture qui était stationnée devant l’entrée d’un garage privé.

A la fourrière, il avait fermement demandé de récupérer son véhicule dans lequel se trouvaient des documents d’instruction et la situation s’était envenimée avec des policiers municipaux sur place. Trois d’entre-eux reprochent aujourd’hui à l’intéressé des outrages, d’autres des propos « méprisants » même si « pas forcément illégaux ». A l’un d’eux, le jour des faits, le magistrat avait lancé: « vous êtes un policier mal intégré ».

« Mal intégré dans le système juridique dans lequel vous évoluez », a voulu préciser à l’audience le magistrat, expliquant qu’il préparait alors « l’une des plus importantes opérations judiciaires de l’année sur le territoire national ». « On est la cinquième puissance mondiale et on se croirait en Afrique ou en Asie », avait-il encore lancé. A la barre, il a expliqué jeudi que « c’était une référence au cadre légal qui n’a pas été appliqué ce soir-là ».

« Je me serais appelé Pierre Dupond... Mais je suis aussi issu de la deuxième génération d’immigrés », a aussi répondu l’auxiliaire de justice aux accusations de racisme des policiers. « J’étais agacé, certainement. Méprisant, c’est leur ressenti », a-t-il ajouté jeudi, se disant « désolé » de cela. Magistrat jusque-là bien noté, le prévenu a été depuis cet incident rétrogradé, muté puis suspendu de ses fonctions -« sans aucune base juridique » selon lui- par les instances judiciaires.

« L’indépendance du magistrat du siège ne se confond pas avec un blanc-seing, tout citoyen doit répondre pareillement devant la loi », a déclaré la procureure de la République qui a réclamé 2.000 euros d’amende avec une inscription au casier judiciaire. Selon elle, « la condescendance qui a été ressentie par les policiers ce soir-là, on la retrouve aujourd’hui à la barre ». Le jugement a été mis en délibéré au 28 novembre prochain.

 

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