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La plainte pour agressions sexuelles déposée en 2020 par la soprano française Chloé Briot contre un collègue chanteur a été classée sans suite, annonce le procureur de Besançon

La plainte pour agressions sexuelles déposée par la soprano française Chloé Briot contre un collègue chanteur, qui avait porté le mouvement #MeToo dans le domaine de la musique en 2020, a été classée sans suite, a annoncé mardi le procureur de Besançon. La plainte miroir déposée par le mis en cause pour « dénonciations calomnieuses » à l’encontre de la chanteuse a également été classée sans suite, a précisé le procureur, Etienne Manteaux, compétent car le baryton est domicilié sur son ressort du parquet de Besançon.

Le baryton devait « interpréter des scènes d’amour dans un souci d’hyper réalisme, sous le contrôle permanent du metteur en scène, avec une partenaire qui à aucun moment ne lui a fait part de son malaise dans l’interprétation de ces deux scènes de rapports sexuels », relève le magistrat.

Or, « il n’a pas été démontré pendant l’enquête que monsieur avait conscience que son jeu d’acteur avait progressivement généré un ressenti aussi douloureux chez sa partenaire », a-t-il expliqué, soulignant l’absence d’une « intention coupable chez le mis en cause ».

La soprano Chloé Briot, 34 ans, avait déposé plainte en 2020 pour des agressions sexuelles répétées de la part d’un collègue chanteur. Les faits dénoncés se sont déroulés sur scène, toujours en présence de témoins, en 2018 lors de l’opéra « Le roi carotte », à Lille, puis en 2020 aux opéras de Rennes et de Nantes, lors du spectacle « L’inondation », de Joël Pommerat.

Le ministère de la Culture avait procédé à un signalement auprès du procureur de la République dans le prolongement de cette plainte et l’antenne de la PJ de Besançon, la PJ de Rennes et l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) avaient été saisis de l’enquête préliminaire.

La chanteuse avait médiatisé l’affaire dans un entretien à « La lettre du musicien », affirmant que son partenaire « agissait toujours au-delà du cadre des propositions du metteur en scène ». Lors de l’enquête elle a au contraire reconnu que le metteur en scène ne leur avait pas donné de scénographie claire sur les scènes de simulations de rapports sexuelles, selon le procureur.

Dès qu’elle avait informé Joël Pommerat de son ressenti concernant le jeu du baryton, le metteur en scène avait « recadré » celui-ci, qui avait immédiatement cessé de lui saisir les fesses pendant les scènes de sexe, en « prenant conscience du malaise de sa partenaire », note M. Manteaux. Le magistrat a estimé que « le changement radical » du chanteur dans son interprétation à partir de l’évolution des consignes du metteur en scène « est un gage de sa bonne foi ».

 

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21/septembre/2022 - 14h08 - depuis l'application mobile

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